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 Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]

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Jack Cooper
Neutre de Classe 4
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Bavardages : 233
Jour de mon arrivée : 30/05/2011

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MessageSujet: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Sam 9 Juil - 16:16

    "NON, NON ET NON !!!"

    Une fois de plus, mon cours de bonne tenue dans la société actuelle échoua de façon significative lorsque Laura, X-23 de son petit nom, comme elle appréciait tant se faire appeler, au lieu d'user comme n'importe qui l'aurait fait, d'un couteau, se servit d'une de ses griffes en adamantium afin de couper sa viande. Ce qui n'aurait eu pas d'autre effet que de choquer d'hypothétiques convives lors d'un repas, si les assiettes avaient été également recouvertes de cet indestructible métal. Tel n'étant pas le cas, je pus alors me rendre compte que sa griffe avait non seulement tranché la viande sans difficulté, mais qu'elle avait également coupé l'assiette en deux, avant d'entamer la table !
    Si j'avais eu un salaire de plusieurs milliers de dollars par jour, j'aurais pu me permettre de conserver un minimum de patience. Mais, vu que les inspecteurs de police ne sont généralement pas payés en fonction de leur mérite, sans quoi j'aurais très certainement eu de quoi m'acheter un appartement un peu moins miteux, vous comprenez désormais pour quelle raison je n'avais pu me retenir de pousser ce cri de rage, qui avait très certainement dû éveiller le gamin de ma voisine d'en haut, faire sursauter Jacali, la petite-fille de mon peau-rouge de voisin d'en face, dans son lit, et pour finir, donné envie de râler pour tapage nocturne aux trois quarts des habitants de l'immeuble. Ah... La vie en communauté...
    Remarquez, si je n'avais pas eu à enseigner les bonnes manières à une version féminine, robotisée et militarisée de Tarzan, je crois que mes relations avec mon voisinage ne se seraient jamais aussi détériorées en si peu de temps. Enfin, pas que l'on m'apprécie particulièrement au sein de l'immeuble, vu que j'avais tendance à l'ouvrir pour un oui ou pour non, à toujours dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas, et surtout, à être un mutant.
    Bah oui, que voulez-vous. Ce n'était pas parce que j'étais flic au Bureau 18 et que je protégeai les gens d'éventuelles menaces qu'ils appréciaient ma présence. Parfois, j'avais même l'impression que ma plaque et mon arme de service (même si cette dernière rouillerait au fond d'un placard avant que je ne décide de l'utiliser) étaient les seules choses qui les empêchaient de mettre en place une pétition pour m'éjecter de l'immeuble à coups de pompes dans le derche.
    Bon, coup de bol, tous les locataires n'étaient pas non plus insupportables. Il y avait d'autres mutants, bien sûr, mais aussi de simples humains, qui eux, ne cherchaient jamais de crosses à quiconque. Et qui se révélaient même toujours amicaux avec tout le monde. Bon sang, si seulement il pouvait y avoir un peu plus de types de ce genre comme ça sur terre, peut-être que le rêve profond de Charles Xavier ne serait plus aussi inaccessible qu'il ne l'est déjà...
    Je me pinçai l'arête du nez entre mon pouce et mon index, et soupirai bruyamment par les narines. Calmes-toi, Jack, Calmes-toi. Ce n'est rien. Après tout, ce n'est pas comme si mademoiselle brise-fer venait une fois de plus de se comporter comme une sauvageonne après avoir sorti ses griffes, malgré les centaines de fois ou je lui avais répété de ne PLUS JAMAIS LES SORTIR !!!
    Faisant volte-face, j'ouvris un de mes placards et en sortit une nouvelle assiette, qui remplaça la précédente, sous le regard neutre, voire impassible, de ma compagne.


    "Quand on coupe de la viande, on utilise un couteau, ce machin-là, compris ? Et si tu bousilles encore une seule de mes assiettes, je récupère mes fringues, même celles que tu as sur toi en ce moment, et je te vire, c'est clair ?"

    Pas besoin de réponse. Elle savait que je n'étais pas du genre à plaisanter. Enfin, pas sur ce genre de détail. Aussi, lorsqu'elle se contenta des couverts distribués pour couper sa viande, je me permis un soupir de soulagement, avant de me diriger vers le frigo, que j'ouvris d'un geste sec. Après tout, moi aussi, j'avais besoin de manger. Sauf qu'en l'occurrence, j'allais devoir attendre, puisque mon garde-manger... Était vide. J'ouvris le congélateur, mais n'eus pas plus de succès. J'avais pris le steack que j'avais cuit pour Laura sans même me rendre compte qu'il s'agissait du tout dernier aliment présent dans mon appartement. Enfin, le dernier aliment "mangeable sans risque pour ma santé", des fois où quelqu'un se serait amusé à glisser une petite remarque désobligeante quant à la "nourriture" que l'on pouvait souvent trouver dans n'importe quel coin de table, et ne me demandez surtout pas de vous donner davantage de détails sur le sujet, car je refuserai purement et simplement. J'ai faim, moi, et je n'ai pas envie de me couper l'appétit pour votre bon plaisir, c'est clair ?!

    Bon, tu as fini de parler tout seul ?

    Grommelant quelques jurons, je quittai la cuisine et m'emparai de mon porte-feuille, avant de repasser devant X-23, qui terminait son steack... Qu'elle avait finalement renoncé à tenter de couper, et qu'elle dévorait à pleines dents, sans se soucier de l'utilisation d'une quelconque fourchette. Après tout, pourquoi faire des efforts quand on peut se contenter de la solution la plus simple ? Sérieusement ?


    "Je vais faire un tour au centre commercial, histoire de remplir le frigo. Sois gentille. Pour une fois, tu restes là, tu ne fais pas de bêtises, et tu ne sors pas. "

    Je m'apprêtai à sortir, avant de me retourner vers elle :

    "Oh, et si jamais quelqu'un venait à frapper à la porte, il est totalement inutile de venir lui caresser les entrailles avec des griffes. C'est pas forcément quelqu'un qui va vouloir nous tuer, capice ?"

    Et sans un mot supplémentaire, je quittai l'appartement, et verrouillai la porte. Détail d'une grande importance afin d'empêcher tout intrus indésirable d'y entrer. Beaucoup plus superflu si c'était pour empêcher Laura de sortir, en revanche.
    Il me fallut une bonne demi-heure afin de rejoindre le centre commercial. D'une part parce que, si la moto est très efficace pour aller vite, échapper aux bouchons et tout le toutim, elle se révèle nettement moins efficace lorsqu'il s'agit de transporter des marchandises. En l'occurrence, les courses que j'allais trimballer du centre commercial à chez moi. J'aurais dû demander de l'aide à ma colocataire ? Hin hin, très drôle... Z'êtes un p'tit marrant, vous ! La dernière fois que X-23 s'était rendue dans un endroit public, elle avait causé un scandale en essayant des vêtements. En quoi est-ce un problème ? Oh, juste qu'elle a pensé que les cabines d'essayage, c'est bon pour les humains débiles ! Du coup, elle s'est changée devant tout le monde, au beau milieu du magasin ! Et si Kitty ne l'avait pas sortie de ce pétrin, je doute fort qu'on ne l'ai pas envoyé direct dans la Cage.
    Vous comprenez maintenant pour quelle raison je n'avais pas la moindre envie de me trimballer une sauvage à mes côtés, surtout s'il fallait en plus se trimballer des boîtes de conserve et des objets fragiles, alors non merci !
    Lorsque j'entrai enfin dans le bâtiment, je me précipitai au deuxième étage, histoire de commencer par faire le plein de nourriture. J'avais faim, et le fait de savoir que je ne vivais plus en solitaire dans mon appartement empiétait sévèrement sur mes réserves. Sans compter le fait que mademoiselle la griffue n'a pas de travail. Par conséquent, JE dois la nourrir et la loger gratuitement. Vivement que je trouve un moyen pour la mettre au boulot, parce que là, ça commence à devenir agaçant. Et si l'espace d'une seconde, j'envisageai de la faire se prostituer, deux voix se mirent à hurler dans ma tête. La première, pour me rappeler qu'il n'était pas digne d'un flic de jouer les proxénètes, ce qui était logique. La seconde, pour que je n'oublie pas qu'une fois qu'elle aurait comprit la nature du "travail" que je lui avais confié, elle revienne me voir afin de faire ses griffes. Ce qui ne serait pas étonnant, vu que jusqu'à moi, elle n'avait fait que tuer ceux qu'elle croisait. Un meurtre de sang-froid de plus ou de moins ne l'empêcherait pas de dormir. A contrario, moi, je dormirai pour l'éternité.
    Flânant dans les rayons, je repérai rapidement ce dont j'avais besoin, et les propulsai au fond d'un sac en papier, gracieusement offert à l'entrée du magasin. Steaks, pâtes, riz, purée, volaille, conserves... De quoi nourrir une personne pendant une semaine. Ou une personne normale et une machine à tuer pendant deux ou trois jours...
    Considérant que j'avais désormais une quantité suffisante de victuailles, je m'octroyai le droit d'aller faire un tour dans les autres rayons, évitant soigneusement les articles de sport, tels que les battes de base-ball, et ceux d'auto-défense, comme les armes à feu, proposées un peu trop facilement à quiconque en voulait à mon goût. Je sais que le deuxième amendement de la Constitution autorise un citoyen américain à être armé, mais de là à en proposer là où des mineurs peuvent s'en procurer facilement, il y a tout de même une marge.
    Mais alors que j'admirai un DVD récemment sorti, concernant plusieurs jolies filles, des mondes fantastiques et pas mal de gros flingues, mon oreille capta plusieurs éclats de voix, ainsi que des bruits de coups. Tournant la tête, je remarquai qu'au tournant d'un rayon, plusieurs personnes s'étaient réunies, observant avec intérêt un spectacle qui était cependant caché à ma vue. Me concentrant sur cet événement, tout en reposant à regret le film, je pus percevoir les menaces proférées à grands cris :


    "Dégage, sale mutante !"

    Oulà. Si je n'intervenais pas, ce genre de remarque pouvait vite dégénérer. J'ignorai si la mutante en question était en mesure de se défendre, ou non, et si elle était accompagnée. Si c'était le cas, alors cela finirait en bataille rangée, mutants contre humains. Si ce n'était pas le cas, alors... Ça pouvait très facilement conduire à un lynchage en règle.
    Je pressai le pas et atteignis le groupe assez rapidement, mais il me fallut jouer des coudes afin de me frayer un chemin parmi les badauds qui observaient la scène, sans même intervenir pour aider, ou juste empêcher toute bagarre d'éclater. Nan, bien sûr, ça aurait été beaucoup moins amusant ! Pourquoi empêcher des gens de se battre, quand on peut s'amuser à regarder des mutants se faire tabasser devant tout le monde ? C'était si marrant !
    Après avoir bousculé deux dernières personnes, je me retrouvai face à un spectacle pour le moins désagréable : Une adolescente, qui ne devait même pas avoir dix-huit ans, qui se retrouvait cernée par cinq personnes. Quatre hommes et une femme. Tous avaient entre les mains au moins un objet susceptible de faire du mal. Une batte de base-ball pour l'un, une chaîne pour un autre, un couteau, etc... Et la jeune fille au milieu, elle, n'avait rien. Pour l'instant. Et vu que ses assaillants s'approchaient de plus en plus d'elle, avec la ferme intention de la mettre en pièces, j'avais plutôt intérêt à intervenir.


    "Police ! Arrêtez ça !"

    Vous avez déjà crié ce genre de phrase ? Si vous avez une arme à feu et une plaque, ça fonctionne à la perfection. Si jamais vous les avez oubliés chez vous, parce que vous pensiez que vous n'en auriez pas besoin pour faire vos courses, l'effet est bien moins impressionnant. Voire carrément nul, vu que, après s'être retournés avec inquiétude, les humains avaient finalement ricané d'un air mauvais avant de reprendre leur tâche précédente.
    Ah ok, vous voulez le prendre comme ça. Je tendis la main vers le rayon qui se trouvait sur ma droite et en extirpai un objet : Une boîte de conserve pour des haricots verts. Parfait. Un geste gracieux, et une demi-seconde plus tard, l'objet atterrit violemment sur le crâne d'un des assaillants, qui lâcha son arme, et dans un cri de douleur, mit ses deux mains sur la zone d'impact de mon projectile, se désintéressant de sa victime, tandis que ses compagnons se figeaient, incertains quant à la conduite à adopter. Quant à la foule derrière moi, pas moyen de savoir. N'osaient-ils pas agir, ou allaient-t-ils s'interposer à mon côté héroïque, ou bien certains se joindraient-ils à moi ? Impossible à prévoir. Et à dire vrai, vu que je m'emparai de deux nouvelles boîtes de conserve, histoire de bien montrer que je ne plaisantai pas, je n'avais pas vraiment le temps de prédire les actions d'une bande d'imbéciles.


    "Je vous ai dit d'ARRÊTER, bordel ! Ça vous suffit, comme avertissement, ou il vous en faut plus ?!"


Dernière édition par Jack Cooper le Sam 9 Juil - 20:56, édité 1 fois
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Neyane Saahar
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Sam 9 Juil - 20:42

Je n'aime pas les US. Et ce pour deux trois raisons. Par exemple, y'a pas assez d'espaces verts. Je suis née en France, certes, et ce pays fait figure de nain par rapport aux Etats-Unis, sauf que j'ai grandit au Canada, et que le Canada, c'est comme qui dirait plus grand. Plus grand, et plus naturel, moins pollué. Il y a des forêts immenses, des montagnes magnifiques, des lacs démeusurés... Bref, pour l'amoureuse de la nature que je suis, c'est le paradis quoi! Là bas, il y a de l'air pur, frais, pas comme ici. Ici, c'est que des villes, immenses, et moches en plus. Polluées, aussi. J'ai toujours trouvé que le naturel est plus beau que ce qui a été créé par l'humain, mais depuis que je vis ici, j'en suis sûre. Et puis ces derniers jours, mon odorat est resté bloqué en mode super-puissant, même si ce n'est pas visible. Autant dire que si c'est super dans la nature, en ville, c'est l'horreur. Vous voyez les parfums, que vous mettez pour sentir bon? Ben pour moi, ils puent horriblement, et en plus, je les sens à plusieurs mètres de distance. Je ne vous parle même pas du savon, des voitures ou des poubelles! Donc depuis quelques jours, je me prétends malade pour éviter d'aller au boulot - parce que j'en fais un pour les vacances d'été, histoire de ne pas être totalement dépendante de mes parents et, accessoirement, de ne pas les ruiner. Sachant que le travail en question est dans un restaurant, si j'y étais allée, ils se seraient immanquablement aperçus de quelque chose, donc j'attend que ça passe. Evidemment, je ne fais pas que ça. Je regarde la télé aussi! Je plaisante, j'essaye d'inverser le processus, mais comme ma maîtrise laisse encore plus à désirer depuis que je suis en ville... Parce que ce que j'ai dis, selon quoi j'aime pas les US, c'est vrai, pas seulement parce que mon odorat est devenu super-développé. Je préfère vraiment le Canada, mais comme j'avais envie de voir le monde... Quelle connerie. Je pense que je vais revenir terminer mes études chez moi! Enfin, pour l'heure, ce n'est pas le cas. En plus, ici, il y a beaucoup plus de crétins que chez moi, même si j'y ai aussi des amis. Faut dire aussi, si ils avaient continué à me traiter de sale mutante alors que je prend tout avec le sourire, j'aurais commencé à envisager sérieusement de rejoindre les Intouchables.

Vous voulez savoir comment ça m'est arrivé? C'est tout con : l'autre jour, j'ai éternué. Oui, parfaitement, éternué, rien que ça, et après, j'avais ce super odorat! Donc bon, vous comprenez mieux pourqoi j'arrive pas à redevenir normale. J'ai bien essayé d'éternuer à nouveau, mais ça n'a fait qu'empirer les choses, alors maintenant, j'évite. Je pense que je dois avoir l'odorat du loup parce que c'est vraiment puissant, sauf qu'ici et maintenant, ça ne m'arrange pas. Enfin, si je passe mes journées enfermée pour éviter d'avoir envie de vomir dès que je sors dans la rue - ne riez pas, je réagis vraiment comme ça - je ne suis pas pour autant inactive. Comme ça m'agace assez vite d'essayer quelque chose qui ne fait aucun effet, je me colle en effet à la télé, devant des documentaires ou des DVD parce que les chaînes passent trop rarement des trucs intéressants à mon goût. Ou alors j'étudie ou je lis, mais j'ai en général du mal à me concentrer, alors je reste aussi de longues heures sans penser à rien, tout simplement à sentir. Parce que quand on est dans un milieu, disons, acceptable - oui, même mon appartement a des odeurs qui me donnent des frissons - je peux me concentrer sur ce que je sens, et là, c'est vrai, c'est fantastique. Si vous saviez toutes les informations qu'on peut avoir en inspirant une simple goulée d'air! Comme ça, j'ai retrouvé plein de trucs que je croyais avoir perdu et j'ai aussi mis un nom sur plein de choses que je ne reconnaissais pas. Après tout, en tant qu'être humain, mon odorat normal laisse sérieusement à désirer, pourtant, quand ça a commencé, je reconnaissais tout un tas d'odeurs qu'on ressent parfois dans la nature mais que j'étais sûre de ne jamais avoir senties avant.

Enfin, si laisser l'odorat devenir son sens principal - parce qu'en ce moment, il est en effet plus efficace et important encore que la vue - est passionnant pour moi, mourir de faim l'es nettement moins. Hors, mes réserves sont vides et mon estomac grogne, m'obligeant donc à sortir. J'envisage un instant de me boucher le nez avec le pince-nez que j'utilise pour aller à la piscine - pleines de chlore les piscines en question, pouha, mais je n'ai pas trop le choix - mais j'ai vite fait de comprendre que ça ne servira pas à grand chose, donc je sors sans. Je tente quand même de respirer par la bouche, mais le naturel revient au galop, c'est bien connu, je manque donc plusieurs fois de tomber dans les pommes durant le trajet. Vous ne vous rendez pas compte, vous ne pouvez pas comprendre, mais toutes ces odeurs qui m'agressaient les narines, c'était... horribles. Encore pire quand elles étaient mauvaises, genre un pet en pleine rue. Ne riez pas, quand on a un odorat comme le mien à cet instant, c'est horrible. Et du coup, ça m'a totalement déconcentrée et je me suis perdue et me suis retrouvée dans un centre commercial que je ne connaissais pas. Oh, il n'est pas loin de chez moi vu que je suis partie à pieds - je ne vous raconte pas le danger si j'y étais allée en scooter - mais je ne suis pas franchement une fashion victime, donc...

J'entre et me dirige rapidement vers les rayons qui m'intéressent. Je n'ai même pas le temps d'y arriver qu'un abruti fait joujou avec des enceintes et lâche un son hyper aigu. Ni une, ni deux, je me bouche les oreilles et me retrouve en face d'une personne dont la peur devient vite de la rage. Et la haine en question est dirigée contre moi, il n'y a aucun doute là-dessus.

- Oh, regardez vous autres, y'a une sale mutante ici!

Hein? Comment il sait que je suis mutante? J'ai l'odorat d'un loup, pas son nez, donc qu'est-ce qui lui fait dire ça? Je pointe les oreilles en avant, et... hein? Pointe mes oreilles en avant? Un coup d'oeil dans un miroir me confirme ce que je viens de sentir : mes oreilles son remontées sur mon crâne, sont devenues triangulaires et toutes vêtues de fourrure blanche. Et merde! C'est vraiment pas le moment. J'inspire lentement et ordonne à mes oreilles de redevenir normales. J'imagine mes oreilles, mes vrais oreilles, j'imagine la sensations de l'ouïe perdant de son acuité et du mouvement de mes orelles vers leur place normale, j'imagine la transformation dans les détails, et elle finit par avoir lieu. En plus, coup de chance, je perds du même coup mon odorat sur-développé et en profite pour respirer un grand coup. Enfin! C'est pas trop tôt! Problème : quand je rouvre les yeux, je me retrouve être la cible de plusieurs regards haineux.

- Dégage, sale mutante !

Ce n'est pas le type de tout à l'heure qui a dit ça, mais un autre. Qui vient de se saisir d'une batte de base-ball. Pas besoin d'avoir des sens sur-développés pour comprendre que ces cinq là - parce qu'ils sont maintenant cinq à me menacer - ne portent pas les mutants dans leur coeur. Et mince, comment peut-on être aussi con? Je ne leur ai pourtant rien fait! Et je n'aime déjà pas obéir aux ordres top impérieux, alors les ordres débiles, en plus... Sauf que mes assaillants s'arment, et que moi, je n'ai rien. Pour finir, les crétins s'agglutinent autour de nous, m'empêchant de fuir, même si je le voulais. Et mince...

La situation pourrais être drôle, je dis bien pourrait. En effet, si j'avais une totale maîtrise de ma mutation, je serais capable de me débarasser d'eux de pleins de façon différente, de les intimider ou de m'en aller d'un nombre tout aussi élevé de façons. Sauf que je n'ai une parfaite maîtrise de ma mutation que tous les 32 du moi. Vous l'aurez compris, en traduction, ça veut dire jamais. Donc, super bonne en sports de combat ou pas, je suis plutôt mal barrée. Je me met en position de défense avant d'avoir pu dire quoi que se soit, ce qui me permet d'éliminer l'idée d'utiliser la voie de la diplomatie, vu ma réaction, ils ne voudront rien entendre, même si ce sont eux qui sont en faute. Bon sang, ce que je hais les situations comme ça, encore plus les crétins qui les provoquent! Je sens que quand ça va partir, je ne vais pas cogner uniquement pour sortir d'ici vivante et en un seul morceau. Mais avant que la situation ne dégénère, un cri m'empêche de prendre les devants.

"Police ! Arrêtez ça !"

Qui que soit la personne qui a crié ça, je lui accorde tout de suite ma sympathie. D'abord parce que les autres gugus aussi allaient attaquer et que ça les a stoppé net. Hors, soyons honnête, toute mutante que je sois, j'aurais eu du mal à éviter cinq attaques simultanées. En plus, c'est cool de venir m'aider alors que je suis mutante et que je suis seule contre beaucoup. Ne croyez pas que j'ai quelque chose contre la police et que je ne les pensais pas assez courageux pour faire leur devoir, mais bon, j'avoue que je ne les connais, et donc ne les estime pas beaucoup dans la réalité vu qu'en général ils m'emmerdent plutôt qu'ils m'aident.

Là-dessus, un jeune homme arrive. Pas vieux mais plus âgé que moi quand même, pas mal fichu même si notre écart d'âge m'interdit de m'intéresser à lui, ainsi que je fais que je ne suis pas franchement du genre à draguer quand en fait je n'éprouve aucun sentiment ou possible sentiment amoureux pour la personne. Comme le dit intervenant n'a ni plaque de police ni arme à feu, l'effet est assez, pardon, très limité. Je suis quand même contente de le voir, parce que quelqu'un de son côté, ça fait toujours du bien au moral. En plus, heureusement, il ne s'arrête pas là et voyant que mes agresseurs vont bientôt rendre parfaitement adapté leur surnom. Il attrape une boîte de conserve et la balance avec précision et efficacité sur l'un d'eux qui perds aussitôt ses désirs agressifs tout en se tenant la zone touchée. Les quatres autres commencent à hésiter, parce qu'évidemment, être plusieurs contre un, c'est intéressant, c'est facile, mais si y'en a qui viennent aider la victime, c'est moins drôle, l'issue devient incertaine.

"Je vous ai dit d'ARRÊTER, bordel ! Ça vous suffit, comme avertissement, ou il vous en faut plus ?!"

Comme l'inconnu s'est saisit de deux nouvelles boîts de conserve et que son talent d'utilisation n'est plus à faire, les quatre personnes encore valides commençent à hésiter sérieusement. Certains, stimulés par la foule, resserrent leur prise sur leur arme mais d'autres, sans doute en se rappelant que le jeune homme est tout de même un possible policier et que sinon c'est la sécurité de l'endroit qu'ils vont se coltiner, décident d'abandonner après un dernier regard haineux tandis que je leur rend un regard plein de pitié. Parce que vous voyez, ces gens, ils ont peur, alors ils cachent cette peur derrière de l'agressivité. Je sais, c'est bizarre, les humains sont aussi bizarre que les mutants par ces réactions, mais c'est comme ça. Les derniers, eux, malgré le renforcemment de leur détermination, hésitent toujours à passer aux actes, mais lorsqu'ils voient des vigiles et autres membres de la sécurité rappliquer, ils décident sagement de s'enfuir en courant. Lâches, va!

Comme il n'y a plus de danger, je baisse doucement ma garde et m'approche en souriant de mon adjuvant. Après tout, sans le bordel qu'il a fait en venant m'aider, j'aurais sérieusement dégusté, malgré mes dons en art martiaux. Dire que je n'y avais même pas pensé à ça, appeler à l'aide... Je dois être trop indépendante, ou avoir trop peur de me faire remarquer, au choix.

- Merci beaucoup! Sans vous, je ne m'en serais pas sortie aussi bien!
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Jack Cooper
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Lun 11 Juil - 19:14

    De deux choses l'une : Soit les types allaient finir par m'obéir, de crainte de se prendre une boîte de conserve remplie d'un délicieux cassoulet sur la tête, et ainsi, imiter leur compagnon, qui avaient commencé à mettre les voiles par crainte de mon affirmation d'appartenir à la police couplée à la douche froide de mon jet d'une précision extrême... Robin des Bois n'aurait pas fait mieux, vous ne trouvez pas ? Bon, ok, je visais sa main, et alors ? Je l'ai touché, non ?
    Certaines personnes dans la foule commençaient à râler. J'entendis quelques remarques particulièrement négatives sur les mutants en général. Et sur moi et ma famille en particulier. Bon, pas que je le prenne particulièrement mal, je dois bien avouer que la plupart des membres de mon arbre généalogique, je ne les porte pas assez dans mon cœur pour prendre leur défense dans une telle situation. Mes grands-parents sont des chimpanzés consanguins qui ont obtenu mes parents par des pratiques sexuelles déviantes ? Si ça vous amuse de le penser, faites comme vous voulez. Mais s'il y a bien UNE chose que je ne tolère pas, c'est bel et bien qu'on insulte ma mère. Et en une fraction de seconde, je m'étais retourné vers la foule, balançant un nouveau projectile, qui lui, atterrit en plein milieu du visage du diffamateur, et au bruit que cela fit, ainsi qu'au fait qu'il s'effondra sur le sol, avec du sang plein la bouche, je pouvais me permettre d'affirmer que je venais de lui casser le nez. Comme quoi, ou sous-estime trop souvent les boîtes de conserve et leur "potentiel de destruction", comme le disait le sénateur Kelly quelques années plus tôt. Comme quoi, n'importe quoi peut en disposer, si on le regarde sous le bon angle.
    Je vous entends déjà râler : Comment il a fait pour savoir que c'était bien lui qui avait insulté ma génitrice ? Eh bien, tout simplement parce que lorsque je me suis retourné, ce lamentable vermisseau était toujours en train de débiter ses insultes.
    Voyant qu'un des siens n'avait pas échappé à la colère du solitaire, la foule commença à refluer de façon impressionnante, chacun se rappelant soudainement de l'heure tardive, et d'aller acheter un quelque chose se trouvant dans un rayon très, très éloigné de l'endroit qui avait failli devenir une scène de lynchage. Oups ! J'l'avais oublié, celle-là !
    A nouveau, je fis demi-tour, histoire de m'assurer que la jeune fille que je m'étais échiné à protéger n'en avait pas profité pour se faire tabasser alors que je clouai le bec à un imbécile, et ce ne fut heureusement pas le cas. En effet, s'il en restait quelques uns qui demeuraient désireux de pendre une jeune mutante avec ses tripes, voir leur cohorte d'admirateurs se faire la malle, et les vigiles du centre commercial rameuter leurs grosses fesses (que voulez-vous, à force de rester assis devant des écrans à bouffer des beignets toutes les nuits, ça finit par marquer...), ils décidèrent, courageusement, de prendre la fuite, les gros lourdauds matraqueurs à leurs poursuite, tandis qu'un autre s'approchait de notre petit groupe, me demandant instamment des explications, d'une part, sur l'émeute et ce qui s'était passé, et d'autre part, sur la raison pour laquelle un client honnête et américain ("le client est roi, quel qu'il soit") gisait sur le sol, geignant tout en se tenant le nez.


    "Insultes à agent dans l'exercice de ses fonctions, menaces de mort à l'égard des mutants, tentative d'agression sur mineure. Besoin d'autre chose ?"

    Il me fixa, l'espace d'une longue seconde, se demandant si je lui disais la vérité. Ou si j'étais juste en train de me payer sa tête. Soupirant, je lâchai :

    "Inspecteur Jack Cooper, du Bureau 18, demandez le lieutenant Hörsch, il vous confirmera..."

    Après m'avoir incendié pour avoir frappé un civil et m'être laissé emporter par mes émotions, au passage. Putain de soirée. Je crois que je suis pas près de manger, moi...
    Et malheureusement, triple dose de malheur s'abattant sur moi, le vigile arriva à la même conclusion, et nous demanda, à moi et à l'adolescente, de ne pas quitter le magasin avant qu'il n'ait passé ce coup de fil, tandis que ses deux collègues revenaient, bredouilles et essoufflés. Après deux ou trois discussions entre eux, l'un d'eux se chargea de nous surveiller, notre interrogateur allait passer son coup de fil, tandis que le dernier se chargeait d'emmener ma victime au nez cassé à l'infirmerie, histoire de diminuer un peu ses souffrances le temps qu'une ambulance arrive. Si cela n'avait tenu qu'à moi, son sang se serait solidifié dans son propre cerveau, histoire de lui apprendre à tenir sa langue face à d'autres personnes.
    Mais avant qu'ils ne terminent de se répartir les tâches, se plongeant dans une discussion intensive sur la distribution des actions à accomplir, je me retournai vers ma victime. Qui avait profité de cet intervalle de temps pour se rapprocher jusqu'à être à côté de moi. Étant donné que je ne disposai pas de sens surhumains, et que je ne m'attendais pas davantage à ce qu'elle se soit autant rapprochée, je ne pus retenir un violent sursaut, ainsi qu'un cri de surprise à demi étouffé.


    "Hé ! On vous a jamais dit que c'était mal de faire peur aux gens, en s'approchant comme ça, sans bruit ?! Et si j'avais été cardiaque ?!"

    Mais, ce n'était pas pour me faire peur, qu'elle était venue. Pas intentionnellement, en tout cas. Mais pour me remercier, et pour préciser que sans moi, elle ne s'en serait certainement pas aussi bien sortie. Ça, je voulais bien le croire. C'était une mutante, je le savais. Pas parce que des imbéciles l'avaient hurlé, non. Il y a toujours un risque d'être accusé à tort. Mais parce que son sang me le chuchotai à l'oreille. Je ressens la présence de l'hémoglobine dans un rayon assez important, et si ce liquide rouge appartient à un mutant, je le sais. C'est une sensation différente. Ne me demandez pas davantage d'explication, car de un, j'ai faim ; de deux, je suis fatigué ; de trois, je ne sais pas du tout comment vous l'expliquer autrement. Par conséquent, vous pouvez toujours vous asseoir sur votre curiosité, parce qu'elle ne sera pas satisfaite. Point, à la ligne, ouvrez les guillemets.
    J'avais remarqué du premier coup d'œil que la jeune fille n'était pas majeure. Il y a toujours une marge entre une lycéenne et une jeune adulte de vingt-et-un ans, pas besoin d'être un mutant pour s'en rendre compte. Même s'il fallait avouer que parfois, il était difficile de faire la différence. Mais s'il y avait une chose que je n'avais pas remarqué, c'était que...


    "La vache, vous êtes sacrément canon !"

    Imbécile, tu pouvais pas te contenter de le penser, espèce de crétin ?!

    Toujours cette fichue manie de l'ouvrir sans arrêt, et de réfléchir aux conséquences une fois que tu as fini de déverser ton trop-plein de conneries sur la scène. Et manque de bol, avec X-23 qui hantait mon appartement, me volait mes fringues et ma bouffe (et mon argent aussi, indirectement), j'avais pas mal de conneries à sortir. Mais je préférai quand même me retenir face à cette dernière, vu qu'elle pouvait me transformer en carpaccio si jamais l'envie lui en prenait. Et honnêtement, je tiens à la vie. Finir en steak tartare n'est pas une option que je souhaiterai suivre.


    "Euh... Désolé. J'ai tendance à dire ouvertement tout ce que je pense..."

    T'as oublié de préciser que tu es un profiler qui étudie des crimes ultra-glauques qui fileraient la gerbe à n'importe qui, que tu es un obsédé sexuel qui adore coucher avec toutes les jolies filles qu'il croise, et que tu es en train de draguer une MINEURE, SOMBRE NOUILLE !!!
    Là, si mon patron débarque, je vais me faire sonner les cloches, et pas qu'un peu. Mais euh ! Elle avait qu'à pas être aussi bien roulée, cette fille ! C'est pas ma faute !
    Désespéré, je tendis néanmoins la main vers la damoiselle, tout en espérant qu'elle ne refuserait pas de me serrer la main :


    "Inspecteur Jack Cooper. Même si j'ai pas prit ma plaque pour faire mes courses. Et vous, on peut savoir ce qu'une mineure fait dans un magasin aussi tard le soir ?"

    Pas que ce soit interdit, ni qu'il y ait un quelconque couvre-feu, rassurez-vous. C'est juste que moi, perso, j'aime pas voir les ados traîner dans les rues une fois la nuit tombée. Surtout pas les filles. Vous n'imaginez le nombre de cadavres d'adolescents qu'on peut retrouver sur le trottoir, ou dans un caniveau, une fois au petit matin... Et ça vous donne pas envie de laisser à vos gosses la permission de minuit...
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Neyane Saahar
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Lun 11 Juil - 20:47

L'un des spectateurs commença à marmonner tout haut sur les mutants. J'avoue que ce qu'il a dit m'a beaucoup déplu, même si j'ai réussi à me retenir d'aller lui dire deux mots. Mais il a finit par faire ce que font tous les crétins : parler des parents. Hors, je suis désolée, mais ma mère est un amour, et ce n'est pas une mutante. Qu'on dise des conneries sur moi alors qu'on ne me connait pas, pourquoi pas? C'est tellement con qu'on finit par s'en foutre, du moment que ça se limite aux insultes. Mais merde à la fin, qu'est-ce que ma mère venait faire là-dedans? Je me suis tournée vers lui, en colère, et j'ai découvert mes crocs. Oui parce qu'au moment où j'entrouvais les lèvres, ma dentition est passée du stade de dentition humaine de base à dentition complète de léopard, et des crocs de léopard, ça ne donne qu'une envie, ne pas s'y frotter. Le type s'est tu d'un coup mais avant d'avoir pu prendre un air terrifié ou quoi, une boîte de conserve lui cassait le nez. Je grimaçais, je n'aurais pas fait ça, j'avais l'impression qu'en cédant à la violence, on leur donnait raison puisque c'était ce qu'ils cherchaient. M'enfin, comme je viens de le dire, il l'avait cherché, alors je m'en fichais un peu. En tournant la tête, je vis que les autres gugus avaient détalés. Finalement, c'était peut-être du aussi à ce petit incident. Purement involontaire en plus mais qui, pour une fois, m'avais bien arrangée.

Plusieurs des vigiles qui se dirigeaient vers non, pour ne pas dire tous, semblaient présenter des couches de graisse qui ne devraient pas être là. Je n'eus même pas besoin de mon don pour deviner qu'ils n'allaient pas rattraper mes presque agresseurs. Après tout, dans les fait, c'était plutôt le jeune homme qui était venu à mon secours qui les avait agressé, soyons honnêtes. Même si il ne m'avait en fait que défendue. Houla, c'était assez compliqué tout ça... Bref. Un des vigiles ne suivit pas ses copains et interrogea l'adulte - logique - pour savoir ce qui c'était passé.

"Insultes à agent dans l'exercice de ses fonctions, menaces de mort à l'égard des mutants, tentative d'agression sur mineure. Besoin d'autre chose ?"

Sa répartie me fit sourire. L'agent, lui, se demandait visiblement qu'est-ce qui prouvait que son interlocuteur était policier, ce qui était, avouons le, assez logique vu qu'il n'avait pas de plaque et que les flics doivent protéger et non pas agresser les civils. La situation est différente, mais je suppose que le vigile doit avoir cette impression de son point de vue. Enfin, l'inconnu fini par lâcher avec un soupir :

"Inspecteur Jack Cooper, du Bureau 18, demandez le lieutenant Hörsch, il vous confirmera..."

Tiens, pratiques, je n'aurais même pas besoin de lui demander son nom! Jack... Comme Jack l'Eventreur? La comparaison me fit sourire. Ce type n'en avait pas du tout la tête, au contraire. J'aimais bien ce prénom. Que dire de Cooper? Euh... Rien du tout. Ce n'était pas moche comme nom de famille, ni particulièrement beau, ça faisait classique. Enfin bref, les vigiles revinrent bredouilles, comme prévu, et celui qui était resté discuta un moment avec eux avant de leur demandé un truc qui m'étonna assez : nous surveiller. Euh, genre comme des gens qui ont besoin de protection ou comme de possibles suspects qui pourraient se barrer? Leur attitude tout comme cette interrogation me donneraient plus envie de partir que de rester, mais bon, je n'avais pas le choix. Je me suis approchée de mon sauveur pour le remercier. Depuis que j'ai découvert mon don, j'ai tendance à me déplacer silencieusement. Je ne m'en rend pas compte, je ne le fais même pas exprès, mais Jack Cooper me l'a rappelé en sursautant en me voyant si près de lui.

"Hé ! On vous a jamais dit que c'était mal de faire peur aux gens, en s'approchant comme ça, sans bruit ?! Et si j'avais été cardiaque ?!"

Là, j'étais plutôt perplexe. Est-ce qu'il plaisantait? J'optais pour un sourire mi-figue mi-raisin, tout en ne sachant pas trop quoi répondre. « Pardon monsieur, je ne voulais pas vous faire peur? » Bof. Déjà, on pouvait enlever le monsieur, je ne suis pas fan des démonstrations excessives de politesse, que je trouve plus proches de l'ypocrisie parce qu'elles sont obligatoires, personnellements. Et ce n'est pas parce qu'on ne vouvoie pas quelqu'un qu'on ne le respecte pas, il n'y a qu'à voir avec ses amis. Finalement, l'inspecteur m'a détaillé et ne m'a pas laissé le temps de répondre.

"La vache, vous êtes sacrément canon !"

Euh? Sur le coup, j'étais tellement surprise que je n'ai même pas réagis, me contentant d'afficher un air surpris? Hum, moi, canon? On parlait bien de la même personne là? Je suis jolie, certes, et pas vraiment mal fichue non plus, mais au vu de mon absence totale de forme, personne ne m'a encore jamais dit ça. Personnellement, cette absence m'arrange, c'est plus pratique quand on fait du sport. Enfin, le gars du être gêné parce qu'il rajouta :

"Euh... Désolé. J'ai tendance à dire ouvertement tout ce que je pense..."

Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire cette fois. Ca, c'est difficile de ne pas le remarqué, il avait carrément crié à quel point il me trouvait jolie. Dommage que mes agresseurs d'un peu plus tôt n'aient pas été du même avis, peut-être que ça les aurait dissuader de tenter de m'amocher.

- Je vois ça...

J'étais un brin moqueuse. Après coup, je me suis demandée si c'était bien correcte face à un flic, mais bon, vu ce qu'il venait de me sortir, je pouvais bien me le permettre, non? Il paraissait gêné je crois, mais je n'en suis pas sûre. Quand je ne suis pas transformée totalement ou partiellement, j'ai des capacités assez moyenne pour deviner ce que pensaient les gens, et quand je ne les connaissais pas, évidemment, c'était pire. En tout cas, mon sauveur finir par me tendre la main.

"Inspecteur Jack Cooper. Même si j'ai pas prit ma plaque pour faire mes courses. Et vous, on peut savoir ce qu'une mineure fait dans un magasin aussi tard le soir ?"

°Ca, vous l'avez déjà dit tout à l'heure°, me suis-je retenue de lui dire en souriant. Je serais la main qu'il me tendait mais la retirait assez vite. Serrer des mains ne me pose pas de problème, c'est les bisous bisous que je n'aime pas trop. Heureusement, dans cette situation, on s'en tiens au serrement de mains. Vive les relations professionnelles! Parce que je déteste arriver dans une fête et devoir faire la bise à tous le monde, parce qu'on est nombreux évidemment, qui plus est il y a des gens que je ne connais pas et en plus chacun a un nombre de bises précis à faire. Ce que c'est chiant... Heureusement, aux Etats-Unis, c'est moins répandu.

Quant à la question de l'inspecteur, j'avais assez envie de lui répondre que ce n'était pas ses affaires, mais bon, il n'était pas méchant, il était même venu à mon secours, donc par définition, je l'aimais bien, même si je n'avais pas totalement digérer ce qu'il m'avais sorti tout à l'heure. En fait, c'est surtout l'emploi du mot « mineure » qui m'a convaincue, parce que si il avait fait référence à mon sexe et non à mon âge à la place, je l'aurais planté là. J'ai horreur des sexistes, parce que mince, c'est leur faute si les adolescentes de nos jours sont incapables de réagir quand il faut! Ce qui, Dieu merci même si je ne suis pas croyante, n'est pas mon cas. De toute façon, envoyer promener un flic, surtout un flic qui vient sans doute de vous sauver d'un tabassage en règle, serait assez mal vu je pense, même si on ne risque pas trop de se revoir.

- Eh bien le frigo est vide alors je suis venue acheter à manger.

J'évitais de préciser que je vivais seule en ce moment. Sans parler du fait que j'étais canadienne et non pas américaine. Mais bon, ça ne me stressait pas plus que ça. Je cherchais l'heure quelque part, parce que malgré ce qu'avait dit Jack Cooper, il n'était pas si tard que ça, si? Une horloge m'indiqua la réponse. Ah oui, quand même. C'était à cause de cette accident à la con avec mon odorat, je ne faisais plus attention à grand chose, et surtout pas à des trucs aussi futiles que l'heure. Tiens, en parlant de ça, je sentis mon nez me picoter. Comme ça avait fait la même chose avant que j'éternue et que les capacités olfactives de mes narines se retrouvent multilpliées, j'ai cherché à éviter, mais j'ai vite compris que je n'y échapperais pas. Et mince, alors que j'avais réussi à m'en débarasser! Enfin, peut-être aussi que j'allais juste éternuer hein? Je penchais la tête sur le côté pour éternuer et là, horreur! Non seulement l'odorat, mais également l'ouïe étaient devenus sur-développés. Je me suis bouché les oreilles avec un gémissement avant de me rendre compte que l'inspecteur était toujours à côté de moi et qu'il risquait de s'inquiéter.

- Dites, on ne pourrait pas aller dans une salle à l'écart s'il vous plaît?

Je ne m'adressais pas uniquement au policier mais aussi au vigile qui était toujours avec nous. Son odeur était plutôt désagréable, il sentait la transpiration et la mauvaise bouffe, sans parler de son parfum, dont il avait abusé. Beurk! Jack Cooper, lui... Je me figeais alors que je tentais de maîtriser les effets de toutes des informations qui parvenaient à mon cerveau, ce qui est difficile quand on est dans un lieu public, surtout un magasin. Mon sauveur était un mutant, pas seulement un flic! Ca expliquait sans doute pourquoi il était venu. Comment je le savais? Va savoir. Dès que je commençais à avoir des instincts animaux, ou même grâce à l'odorat, ou à je ne sais quoi, je pouvais deviner qui était mutant. Il y avait un truc chez cet homme, dans son odeur, mais pas que, qui me disait qu'il était mutant. Quelque part, ça me rassurait, vu la crétinerie des humains à l'égart des humains, je préfère être avec mes semblables. Ceci dit, je sais que tous les mutants ne sont pas des anges, loin de là, mais la plupart du temps, les loups ne se mordent pas entre eux, et je n'avais encore jamais vu le contraire.
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mar 12 Juil - 11:21

    En me répondant, la jeune lycéenne eut l'air assez moqueuse. Logique, à vrai dire, j'avais pratiquement hurlé que je la trouvais canon, et si je n'étais pas encore en prison pour tentative de détournement de mineur, c'était probablement parce que la plupart des personnes présentes étaient un peu trop occupées pour penser à autre chose qu'à la tâche qui les occupait présentement. A savoir, nettoyer le foutoir, virer les derniers clients, surveiller les agitateurs potentiels, appeler et attendre les flics et, en dernier recours, retourner surveiller le magasin en bouffant des sucreries. A cette pensée, mon ventre grogna, et je tentai, en vain, de le faire taire d'un coup de poing, mais il refusa obstinément d'entendre raison. En même temps, je n'avais rien avalé depuis ce midi, et mon cours de bonne tenue à Laura s'était révélé si... Mouais, disons-le tout de suite : INUTILE. En d'autres termes, j'avais passé trois heures à tenter de faire rentrer dans le crâne de ma colocataire que, pour couper de la viande, on utilisait un couteau, mais non ! Mademoiselle sait tout faire mieux que tout le monde, et préfère utiliser ses griffes, au risque de révéler sa nature de mutante ET de blesser des personnes au passage ! Et bien entendu, quand on lui dit que ce n'est pas comme ça qu'on fait, madame décide de ne plus utiliser que ses dents pour déchiqueter la viande ! Mais bordel, même un bébé de cinq ans aurait compris plus vite !
    Puis, d'un sourire, la jeune fille me répondit aimablement que, son garde-manger étant à peu près aussi vide que le mien, elle était venue dans l'espoir de se remplir la panse. Coïncidence inouïe, j'étais venu pour la même raison, ce que j'aurais pu dire, histoire de détendre un peu plus l'atmosphère, mais une petite voix intérieure me conseilla fortement de ne pas ouvrir la bouche, sous peine de voir débarquer des petits hommes verts armés de sondes anales.
    Pour répondre à votre question, oui, j'ai une imagination débordante, et non, je n'ai aucun penchant homosexuel sadomasochiste, merci de vous en souvenir.

    Cependant, une petite question s'insinua dans mon esprit, et je ne pus m'empêcher de la poser :


    "Et vos parents ? Ils sont quelque part dans le magasin ? Ne me dites pas qu'ils vous ont laissé sortir en pleine nuit sans vous accompagner, quand même, ça ne me plairait pas du tout."

    J'ai l'air de quelqu'un qui se mêle de se qui ne le regarde pas ? Très certainement, mais ça ne m'empêche pas de le faire quand même. Et comme je vous l'ai dit, je n'aime pas voir les adolescents traîner dans les rues une fois la nuit tombée, et même si ça peut sembler sexiste, encore moins si l'ado en question est une fille. Je ne voudrais pas m'attirer les foudres des féministes, une fois de plus, mais j'aimerai rappeler aux chiennes de garde que, statistiquement, les victimes de vol, de viol, de meurtre et de tout autre chose sont principalement des femmes. Pas ma faute si, dans la tête des criminels, le sexe de féminin semble être la proie la plus facile à atteindre, que je sache...
    Néanmoins, il n'était pas question que je lâche la petite lycéenne d'une semelle tant qu'elle ne serait pas en sécurité, et ce, que ça lui plaise ou non. Et non, le fait qu'elle soit super mignonne n'a aucun rapport avec ce zèle de ma part ! Même si intérieurement, je ne cache pas que je regrettai qu'elle soit mineure, mais cela n'a strictement rien à voir !
    Mais alors que j'achevai de poser ma question, la jeune fille ne put se retenir et lâcha un éternuement plutôt violent. Je me contentai d'un simple "à vos souhaits", mais cela n'eut pas l'air de lui plaire, vu que la jeune fille se boucha aussitôt les oreilles. Ben quoi ? C'est interdit de dire ça, maintenant ?
    Je fronçai les sourcils, tout en observant ma jeune protégée qui se mettait à gémir. Oulà, peut-être que ce n'était pas de ma faute si elle agissait ainsi, en fin de compte. Je m'approchai d'elle et, doucement, je posai mes mains sur ses épaules. Contact agréable, il fallait bien l'avouer.


    "Ça ne va pas ?"

    Lorsqu'elle se retourna vers moi, sans décoller ses mains de ses tympans, elle me demanda si on pouvait se rendre dans un endroit un peu plus tranquille. Si je n'avais pas remarqué son petit problème soudain, j'aurais pu penser que la jeune fille m'invitait à faire quelques acrobaties dans un endroit ou personne ne pourrait nous voir. Mais en l'occurrence, je doutai que cette soudaine augmentation de son ouïe (du moins, je supposais que c'était ce dont elle souffrait, vu qu'elle se bouchait les oreilles et que le moindre son avait l'air de la faire atrocement souffrir) soit une simple comédie pour s'envoyer en l'air. Aussi, sans répondre, je me contentai de hocher la tête, avant de lui faire comprendre, d'un geste, qu'elle devait rester où elle était et m'attendre.
    Je l'abandonnai alors et rejoignis le vigile. Celui-ci, intrigué, suivit cependant mon conseil lorsque je lui demandai de chuchoter, même s'il était clair que la lycéenne, si elle était belle et bien la victime d'une ouïe surdéveloppée, n'aurait aucun mal à nous entendre :


    "J'aurais besoin que vous me libériez une salle tranquille. J'aimerai pouvoir interroger la gamine, elle a l'air d'en savoir plus qu'elle ne veut bien le dire sur toute cette histoire."

    Le gros type aurait bien aimé discuter un peu plus, mais l'idée de devoir s'expliquer avec la totalité du Bureau 18 pour avoir empêché un agent de police d'avoir interrogé une victime sembla le décider à m'accorder son soutien. Comme quoi, ça sert, des fois, de faire partie de la police. Et d'autres fois, eh bien, ça pouvait se révéler très désagréable. Je dis ça, puisqu'une fois, je m'étais accidentellement retrouvé mêlé à une prise d'otages, dans un garage ou les gangsters s'amusaient à désosser des voitures pour les revendre. Et je vous jure que je n'étais pas là pour eux. Un ami m'avait simplement demandé d'aller lui chercher sa voiture, sauf que lorsque les faux garagistes avaient repéré ma plaque, ils s'étaient attendus à une embuscade de la part des flics, et m'avaient arrosé avec leurs pistolets-mitrailleurs. Si je n'avais pas été un mutant, je crois qu'aujourd'hui, je ne serais plus là pour vous en parler.
    Bref, quelques minutes plus tard, le vigile nous conduisit dans une salle réservée au personnel, assez petite, il fallait l'avouer, mais où se trouvaient, bonheur imbibé de joie, une petite table et quelques chaises de plastique. Et sitôt que le vigile fut parti, et que nos derrières furent installés sur les chaises, je sortis de mon sac de courses un paquet de chips, deux bouteilles de soda, ainsi qu'une boîte de gâteaux au chocolat, histoire de pallier à la faim qui allait certainement surgir d'ici quelques heures, lorsque nous serions interrogés trois ou quatre fois de suite par les policiers.
    Je tendis une des bouteilles vers la lycéenne, et tournai le paquet de chips vers elle, tandis que je m'en étais déjà pris une poignée.


    "Sers-toi. Crois-moi, dans quelques heures, tu auras besoin d'énergie, quand les flics seront là. Et moi aussi, d'ailleurs."

    Pas besoin de lui faire un dessin. Elle devait très certainement savoir que mes collègues allaient nous interroger jusqu'à ce que nous soyons trop épuisés pour comprendre ce que nous disions, histoire de déterminer avec certitude qui était le méchant, et qui était le gentil, si gentil il y avait. Méthode idiote ? Je suis tout à fait d'accord, mais je doute pouvoir changer le système en cinq minutes. Et oui, maintenant que nous étions seuls, je n'allais plus m'embêter à vouvoyer une lycéenne.

    Avalant ma bouchée de chips, je me penchai vers la lycéenne :


    "Alors... Tu es une mutante depuis combien de temps, jeune fille ? Enfin, si tu préfères que je t'appelle autrement, dis-le, parce que je ne sais pas comment tu t'appelles."

    Je lui laissai le temps de répondre à ma question, tout en buvant une gorgée de soda. Pas bon pour la ligne, tout ça, mais bon, une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal, de manger n'importe quoi, n'importe comment. Après quoi, je repris, toujours en chuchotant, de manière à ce que son ouïe ne soit pas traumatisée par un volume sonore trop élevé :

    "Et tu ne m'as pas répondu : Pourquoi tes parents ne sont pas avec toi ?"
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mar 12 Juil - 13:39

C'est incroyable comment, parfois, on peut être lent à réagir. Additionnons deux et deux, voulez-vous? Tout à l'heure, Jack Cooper a bien cité « pour insulte à agent » ? Mais c'est à moi qu'on se prenait, et aux mutants en général. Alors, si il avait tailladé le nez de l'autre abruti, c'était parce qu'il était aussi un mutant et que ça l'avait énervé. Oui, bon, sans commentaire sur ma rapidité et ma brillance intellectuelle, mais vous m'excuserez, j'avais autre chose à penser!

"Et vos parents ? Ils sont quelque part dans le magasin ? Ne me dites pas qu'ils vous ont laissé sortir en pleine nuit sans vous accompagner, quand même, ça ne me plairait pas du tout."

Ca, il me l'a sortit juste avant que mes sens en re-prennent un coup. Finalement, c'est bien tombé parce que comme ça, je n'ai pas à lui répondre, même si je m'en serais passée. Dans la nature, il y a moins de bruits, mais surtout, je ne suis pas habituée à avoir des sens si développées dans mon corps humain. C'est gérable techniquement, mais faut s'habituer quoi. D'ailleurs, ça m'agace toujours de voir quel handicap ça peut constituer, la mutation, parfois, comme maintenant. La mutation est pas sensée être un truc qui nous appartient, personnel? Oui? Eh bien pourquoi on arrive pas à l'utiliser comme on utilise nos bras ou nos jambes, hein? C'est bizarre, et puis c'est agaçant surtout.

"Ça ne va pas ?"

L'inspecteur s'est approché pendant que je tente de me reprendre, il s'est même permi de mettre ses mais sur mes épaules. Le bruit de la paume de ses mains froissant mes vêtements ressemble à une avalanche pour moi. En plus, je peux sentir tout un tas d'odeurs sur ces mêmes mains, autant dire que même si le geste se veut rassurant, il n'est pas très agréable pour moi, ça empire même les choses. Et puis je n'aime pas qu'un inconnu, tout sauveur et mutant qu'il soit, s'approche si près de moi, surtout quand je suis en moment de faiblesse. Je veux m'écarter, mais il a compris que j'avais besoin de prendre l'air et il s'éloigne vers le vigile. Il se met à chuchoter à son oreille, ce qui me surprend. Je croyais qu'il avait plus ou moins compris ce qui m'arrive, mais visiblement non, je l'entend aussi bien que si il m'avait hurlé dans les oreilles.

"J'aurais besoin que vous me libériez une salle tranquille. J'aimerai pouvoir interroger la gamine, elle a l'air d'en savoir plus qu'elle ne veut bien le dire sur toute cette histoire."

Euh? Il doit mentir pour mieux convaincre le vigile, il était là, il sait très bien ce qui s'est passé. En plus, il y a des caméras non? Il y a souvent - trop à mon goût - des caméras dans les magasins. Enfin, du moment que le vigile était d'accord, ce qui semblait être le cas, moi, je m'en fiche! Je suivis les deux hommes dans une salle un peu petite, hélas dépourvues de fenêtres, mais avec le minimum table plus chaises, ce qui, au vu de ma situation, me convenait parfaitement! Je m'assis en face de Jack Cooper parce que ben l'autre chaise était en face de lui autour de la table. J'avais une respiration saccadée je crois. Je fermais les yeux, priant pour réussir à faire revenir mes sens à la normale. Parce que oui, les sens surdéveloppés, c'est génial, mais quand on ne contrôle pas, non, c'est pas génial, ou nettement moins. Quand l'inspecteur de police ouvrit le paquet de chips, je sursautais carrément, et comprit aussitôt : mes oreilles de loup toutes blanches étaient revenues. Bon, là, ça ne serait pas trop gênant mais je n'aimais pas montrer des signes mutants aussi visibles en public, même si pour l'instant, on n'était que deux, et entre mutants. Mon nez, lui, Dieu merci, resta normal. Je poussais un soupir rassuré et rabbatit mes oreilles en arrière. Normalement, c'est en cas de combat qu'on fait ça, et plutôt chez les félins, mais c'était le seul moyen que j'avais trouvé pour entendre moins de son. Après, l'odorat devenait plus contrôlable, je l'avais déjà éprouvé plusieurs jours de suite et on était dans une pièce pas trop riche en odeurs. En fait si, plein de gens étaient passés ici, je pouvais le sentir, et le ménage remontait à ce matin, mais ça devrait aller quand même. Je me redressais et acceptait la bouteille que me tendais Jack Cooper, même si généralement, je n'aime pas trop le soda.

"Sers-toi. Crois-moi, dans quelques heures, tu auras besoin d'énergie, quand les flics seront là. Et moi aussi, d'ailleurs."

Je haussais un sourcils mais le remerciait. Je farfouillais dans la sacoche qui me faisait aussi office de ceinture et que j'avais pris avec moi, à défaut des sacs à mains que je trouvais peu pratiques, et en tirait une casquette pour dissimuler mes oreilles et diminuer encore les sons qui me parvenaient. Ca ne suffirait pas à me faire une ouïe aussi basse que celle des humains mais c'était toujours mieux que rien pour ne pas avoir l'air paumée à cause du surplus d'informations. Je le remerciais - je ne suis pas impolie non plus - et me servit des chips. Les chips, j'adore. J'ouvris aussi le soda et but plusieurs longues gorgées. Tout ça réussit à apaiser les grognements de mon estomac. Parfait! Je poussais un soupir soulagé : mes sens étaient devenus contrôlables. Pas redevenus normaux, mais je pouvais faire le tri dans toutes les informations que ça m'apportait. Je préfère ne pas trop en parler, si je vous disais tout ce que je peux savoir rien qu'en une seconde d'inspiration et d'écoute, on y serait encore demain.

"Alors... Tu es une mutante depuis combien de temps, jeune fille ? Enfin, si tu préfères que je t'appelle autrement, dis-le, parce que je ne sais pas comment tu t'appelles."

Oups, quelle idiote! Lui s'est présenté, mais moi, de fil en aiguille, j'ai complètement oublié de le faire. Bon, d'un autre côté, si je prévoyais de m'enfuir pour échapper à l'interminable interrogatoire qui, selon lui, s'en suivrait, c'était une bonne idée, mais je me savais incapable de faire ça, d'un point de vu moral d'abord, ensuite parce que je ne contrôlais pas mes pouvoirs en ce moment et donc que je pourrais me laisser distraire trop facilement. Hum.

"Et tu ne m'as pas répondu : Pourquoi tes parents ne sont pas avec toi ?"

Hé la, une question à la fois! Et pourquoi remettait-il ça sur le tapis? Il était si curieux que ça? Je poussais un soupir et secouais la tête pour moi même : je commençais à entendre les battements du coeur de Jack Cooper. Aïe aïe aïe, pas bon ça! Si les instincts du loup s'y mettaient... Mais non, c'était juste mon ouïe trop développée malgré la position de mes oreilles de loup et la casquette. Je poussais un nouveau soupir, rassuré cette fois, puis me décidait à ouvrir la bouche, même si j'aurais préféré qu'on reste au calme. Je pris une nouvelle poignée de chips, presque timidement, avant de parler.

- Pardon, j'ai oublié de me présenté. Moi c'est Neyane Saahar. Je suis mutante depuis quelques années, et vous?

Pas envie d'être plus précise, surtout que ça ne le regarde pas trop. C'est bizarre parce que d'habitude j'engage plus volontiers la conversation. Ca doit venir du stress, quelque chose comme ça. Je dois prendre tous le monde comme des ennemis potentiels, je sais pas. Enfin, autant lui répondre, puisque c'est vraiment un agent de police. Je le sais, avec des sens aussi performants, je sens quand on ment.

- Et mes parents ne sont pas avec moi parce qu'ils savent que je peux me débrouiller toute seule.

Là encore, je m'en tiens plutôt au strict minimum, mais c'est la vérité après tout! La dernière fois que des humains m'ont attaqués parce que je suis mutante, c'est eux qui ont passé un sale quart d'heure et je ne les ai plus jamais revu. J'espère que ça les a dissuadés de s'en prendre à d'autres mutants aussi, car je sais que certains n'ont pas des pouvoirs qui leur permettent de se défendre. Je connais même quelqu'un pour qui s'est le contraire, un mutant qui peut soigner n'importe quoi, même rendre la vue à un aveugle de naissance, mais qui ne peut pas se soigner lui-même. Ca doit fiche les boules d'avoir un tel pouvoir et de pas pouvoir l'utiliser pour soit quand même!
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Jack Cooper
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mer 13 Juil - 16:47

    Si j'avais encore eu des doutes sur la qualité de mutante de la lycéenne, je les vis se dissiper à une allure folle lorsque je me chargeai d'ouvrir le paquet de chips, dans un minuscule craquement qui, pour une personne dotée d'une ouïe surdéveloppée, devait sembler à peu près aussi agréable à entendre que celui de billes en métal tombant avec fracas dans un sceau en zinc. Avec le volume au maximum, bien entendu. En d'autres termes, alors que je venais d'ouvrir le sachet qui allait constituer notre plateau-repas du soir, et que je redressai la tête, ce fut pour me rendre compte qu'une partie de la physionomie de mon interlocutrice avait changé. De façon on ne peut plus radicale, en vérité, car elle arborait une paire d'oreilles qui n'auraient certainement pas dépareillé si elles s'étaient trouvées au sommet de la tête d'un chien, ou d'un loup, bref, d'un animal canin. Et cette vision, si elle ne me choqua pas particulièrement (j'avais déjà vu un mutant dont le pouvoir était de se transformer en déjection humaine (ne me demandez pas comment il a obtenu ce genre de pouvoir, je ne veux même pas essayer de l'imaginer), et un autre qui pouvait sécréter une telle quantité de sueur qu'il pouvait s'en servir pour noyer ses adversaires dedans, alors pour me choquer avec des mutations, vous pouviez toujours y aller...), mais il faut avouer que quand on ne s'y attend pas, voir une jolie adolescente se retrouver soudainement avec des oreilles de berger allemand, ça surprend un peu.
    Et ma surprise, la jeune fille dut s'en apercevoir lorsqu'elle remarqua que je m'étais figé, les doigts toujours coincés sur le paquet de chips, tandis qu'elle rabattait ses oreilles lupines en arrière, avant de se coiffer d'une casquette, histoire de mieux les cacher à ma vue.


    "Wow. On t'a déjà dit que tu avais de très jolies oreilles ?"

    Je repris mes gestes, comme si de rien n'était, tandis que je replaçai le paquet de chips au centre de la table. Et je ne pus m'empêcher de demander, avec un petit sourire en coin :

    "Ton pouvoir ne serait pas un tantinet dévié de la lycanthropie ? Tu es une sorte de louve-garou ?"

    Mon ton n'était nullement moqueur, mais on y sentait cependant une certaine bonne humeur. Je n'avais pas peur d'elle, et je ne la critiquai en aucune façon, j'étais juste amusé par son pouvoir, même si celui-ci semblait agir contre sa volonté. J'espérai qu'elle ne le prendrait pas trop mal.
    Néanmoins, elle consentit à répondre à mes interrogations, précisant d'une part qu'elle se nommait Neyane Saahar. Cette fois-ci, je ne pus m'empêcher de rester bouche bée. C'est américain, ça ?


    "Neyane ? Très joli nom. Mais... Ça vient d'où ? Tu es de quelle origine pour avoir un nom aussi inhabituel ?"

    Honnêtement, si ce prénom existait aux États-Unis, je n'en avais jamais entendu parler. A dire vrai, je n'en avais jamais entendu parler tout court, quel que soit le pays d'où il puisse venir. Quant à la fin de sa phrase, que mon cerveau acheva de me transmettre après un temps de retard (eh, je commence à peine à manger, et il est près de minuit, alors zut !), je compris la remarque implicite qui s'y cachait. En d'autres termes "oui, je suis bien une mutante, et toi, depuis combien de temps tu en es un ?".
    Comment elle avait su ? Je ne lui avais strictement rien dit, je n'avais pas utilisé une seule fois mon pouvoir, et je ne pensais pas que la manière d'avoir assommé un des gueulards anti-mutants pouvait lui permettre d'affirmer que j'en étais un sans sourciller.

    Coup de bluff, ou coup de génie ?

    Ou plus simplement...


    "Ton côté "jeune louve" te permet aussi de localiser les autres mutants au milieu d'une foule ? Sympa. Et pour répondre à ta question, je devais avoir plus ou moins ton âge, quand j'en suis devenu un. Même si, techniquement, j'ai toujours été un mutant, puisque le gène X a toujours été présent en moi. Il s'est juste activé pendant mon adolescence... Enfin, je suppose que tu l'avais compris..."

    Mais pour la suite, Neyane, comme elle s'appelait, se contenta du strict minimum pour répondre à la question sur ses parents. J'étais entraîné pour repérer la vérité sur le visage et les expressions des gens, mais il fallait bien avouer que je n'étais pas toujours capable de déterminer si ce qu'on venait de me dire était un mensonge ou non. Eh, que voulez-vous ? Les profilers sont humains, quoi qu'on en dise, et il leur arrive de faire des erreurs, comme n'importe qui. Même si, pour eux, les erreurs leur rapporteront des victimes supplémentaires, parce qu'ils n'auront pas réussi à arrêter un tueur en série. C'est la vie.
    En d'autres termes, à moins que Neyane ne soit une menteuse hors-pair, je pouvais penser qu'elle me disait la vérité. Du moins, en partie. Cela se sentait dans sa phrase : La damoiselle me livrait les informations à son sujet au compte-goutte, et elle n'avait pas la moindre envie d'en dire davantage. Elle aurait pu préciser "mes parents sont à la maison et m'attendent", mais non. A ce qu'on pouvait supposer de ce qu'elle venait de dire, c'était que son père et sa mère avaient lâché la belle adolescente dans la jungle de béton, sans se soucier de ce qui pourrait lui arriver de bien ou de mal au cours de ses expéditions dans le monde moderne et redoutable de New-York.


    "Mhm... Et tu n'as pas envie de les appeler ? Histoire de les rassurer sur le fait que tu as toutes les chances de passer la nuit avec des policiers ?"

    Là, c'était une remarque sarcastique. Je n'étais pas vraiment dupe de son petit jeu de "je ne dis que la moitié des choses, et peut-être que le flic abandonnera". La gamine ne voulait pas se faire de publicité, vu la manière dont elle s'était dépêchée pour dissimuler ses oreilles animales, et l'idée de se faire interroger toute la nuit ne risquait pas de lui plaire. Pas plus qu'à moi, d'ailleurs.
    Je jetai un nouveau regard à la lycéenne. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'un jeune mutant irait jusqu'à fuguer, en raison de ses pouvoirs qui effraient se famille. Ou juste pour ne faire de mal à personne. Et pour ce que j'avais pu en voir, mon interlocutrice ne maîtrisait pas, mais alors pas du tout ses pouvoirs. Depuis combien de temps son gène X avait-il commencé à s'exprimer ? Elle avait juste lâché que cela durait depuis "quelques années", mais cela demeurait très vague. Trois ans ? Dix ans ? La plupart du temps, les mutations se déclenchaient durant la puberté, mais il arrivait qu'elles aient lieu pendant l'enfance, ou même, très rarement, dès la naissance.
    Pour ma part, je savais que, même si cela faisait près de dix ans que mes pouvoirs s'étaient manifestés pour la première fois, j'étais loin de les maîtriser parfaitement. Et si je n'avais pas été recueilli à l'Institut Xavier, je crois que je ne saurais pas les utiliser aussi bien qu'aujourd'hui.


    "Tu as vraiment du mal à maîtriser tes pouvoirs, n'est-ce pas ?"

    Je la laissai réfléchir un moment. Oui, je sautais un peu du coq à l'âne, avec mes questions, mais c'était une de mes méthodes d'action. Lorsqu'un suspect que j'interrogeai commençait à s'emmêler les pinceaux avec mes interrogations complètement aléatoires, il finissait très souvent par se trahir et me livrer les informations que j'attendais. Mais cela ne fonctionnait qu'avec les criminels qui n'étaient pas particulièrement intelligents. Et quelque chose me disait que Neyane n'était pas du genre à se laisser avoir.
    Mais alors que j'attendais la réponse la gente damoiselle, la porte du débarras, ou du quelconque autre nom que l'on donnait à la pièce ou nous étions, s'ouvrit sur le vigile qui nous y avait emmené quelques instants plus tôt. Il se figea quelques instants, incapable de comprendre pourquoi l'interrogatoire d'une gamine s'était soudainement changé en repas sur le pouce, mais décida finalement d'ignorer ce détail.


    "Euh, inspecteur... C'est juste pour vous prévenir que votre patron a dit qu'il allait envoyer un de vos collègues pour s'occuper de l'affaire, et que vous pourriez rentrer chez vous et raccompagner la jeune fille chez elle dès qu'il serait arrivé."

    "Ok. Merci de l'info."

    Le vigile hocha la tête, puis, après un dernier coup d'œil sur la jeune fille, désormais coiffée d'une casquette, il haussa les épaules et s'en alla. Au passage, des éclats de voix se firent entendre, mais se turent aussitôt que la porte fut refermée. Enfin, pour moi, en tout cas. J'ignorai si les super-tympans de mon acolyte avaient aussi cessé de capter tout son venant de l'extérieur. Mais pour ce que j'en savais, il s'agissait du propriétaire du Centre Commercial, averti du problème, et qui s'était donc rendu en quatrième vitesse dans son magasin, afin de sermonner les vigiles pour avoir laissé ce genre d'incident ce produire, et s'en prendre aux caissières et autres employés de l'endroit pour des raisons tout aussi futiles.
    Quoi ? Vous pensez que le Bureau 18 allait laisser la jeune fille toute seule, sans qu'il ne se passe rien de plus ? Vous rêvez, vous. Une fois que j'aurais raccompagné la damoiselle chez elle, je devrais ensuite transmettre l'adresse à un autre collègue, qui viendrait ensuite prendre la relève afin de s'occuper de la déposition de la lycéenne. Après quelques semaines d'études de l'affaire, interrogatoire du flic premier sur les lieux, etc... on serait alors en mesure de déterminer si la jeune et jolie Neyane Saahar était bien une victime d'une émeute anti-mutant, ou si, par ses pouvoirs ou une attitude provocatrice, elle n'avait pas provoqué un soulèvement de rage à son encontre. Et pour le peu que j'avais vu et qui allait finir dans mon rapport, il était certain que d'ici un mois ou deux, la jeune fille ressortirait libre, et aurait même droit à un peu de dommages-intérêts si elle se décidait à porter plainte contre ses agresseurs. Dans le pire des cas, je pourrais même la confier à Rosalind Sharpe. Une avocate spécialisée dans la défense des mutants. Même s'il fallait bien avouer qu'elle et moi, on ne s'entendait pas particulièrement bien. Logique, vu qu'elle défendait autant les mutants innocents que ceux coupables et que nous avions passé des semaines, voire des mois à traquer.

    Je poussai un soupir.


    "T'en fais pas, gamine. Le bon côté de la chose, c'est que le policier qui te posera une tonne de questions attendra demain matin au lieu de le faire dès ce soir..."
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mer 13 Juil - 20:58

    Tous les mutants n'avaient pas un pouvoir de transformation, c'était donc normal, et même assez logique que l'inspecteu soit un tantinet surpris par mes oreilles. Je déteste ce genre de situation. D'habitude, je maîtrise mieux que ça, enfin, il me faut une émotion assez forte pour me transformer totalement ou partiellement, alors que là, c'est des trucs basiques comme éternuer. Je ne comprend pas. Peut-être que c'est juste le temps d'une période, que ça ne va pas durer. J'espère! Sinon, bonjour la galère. L'adolescente savait qu'il s'agissait des mêmes oreilles que tout à l'heure : blanches, c'était celles d'un loup arctique. En effet, elles ressemblaient à celles d'un berger allemand, la couleur mise à part.

    "Wow. On t'a déjà dit que tu avais de très jolies oreilles ?"

    Je piquais un fard et baissais la tête pour éviter que ça se voit trop. Depuis que j'étais ici, c'était plutôt rare qu'on plaisante sur ma mutation. Ca me faisait du bien mais aussi, bizarrement, je n'en avais plus l'habitude. On change vite parfois. Je pris une nouvelle poignée de chips et en croquait une, lorsque mon intelocuteur repris, amusé ou en tout cas de bonne humeur :

    "Ton pouvoir ne serait pas un tantinet dévié de la lycanthropie ? Tu es une sorte de louve-garou ?"

    Je souris et me redressait tout en faisant non de la tête. Evidemment, quand on s'y connait un minimum ou qu'on est observateur - les deux vont généralement ensemble - c'est facile de remarquer que mes oreilles étaient celles d'un loup, et non celles d'un félin, différentes par leur forme, leur couleur et leur épaisseur. Tout de même, c'était étonnant qu'il au deviné que c'était des oreilles de loup, il aurait pu tomber plus mal.

    - Mon pouvoir ne se limite pas à ça...

    Mais je ne le contrôle pas très bien, alors je ne sais pas trop comment en parler. Je n'en ai pas trop envie non plus. Mais c'est vrai, je pense que je suis loin de cerner toutes les potentialités de mon don. Je préfère dire don plutôt que pouvoir, parce qu'après tout, on a tous des dons, parce qu'on est plus doué dans certains domaines que dans d'autres. Pour les mutants, c'est pareil après tout, il y avait des mutants plus forts que d'autres, et même des mutants plus faibles que les humains. C'est aussi pour ça que je suis neutre, dire que les mutants sont supérieurs aux humains, c'est un peu poussé, nombre d'entre eux présentent les mêmes défauts que la race humaine. L'égoïsme, l'arrogance...

    "Neyane ? Très joli nom. Mais... Ça vient d'où ? Tu es de quelle origine pour avoir un nom aussi inhabituel ?"

    Je levais les yeux et vit que Jack Cooper était bouche bée. C'est vrai, je dois bien être la seule Neyane à beaucoup à la ronde. Que m'ont dit mes parents à ce sujet déjà? Ah oui, qu'ils avaient inventé ce nom, ou qu'ils l'avaient piqué quelque part, ils ne savaient plus. Personnellement, je ne me suis jamais posé trop de questions à ce sujet. Saahar aussi, ça ne fait pas américain, ni français d'ailleurs. Ma famille est constituée d'originaux! Mais j'aime bien. J'aime me démarquer des autres, quand je vois les jeunes de ma classe qui, privés de la mode dans leurs choix de vêtements, finissent par tous se ressembler! Ca fait de la peine. Et pour les noms, pas mieux, quand deux personnes dans la même classe portent le même, sans parler des noms de famille courants ou qui se ressemble... Moi, au moins, de ce côté là, je suis tout à fait tranquille! Et ça doit être agaçant, gênant que quelqu'un d'autre ai le même prénom, non?

    - Merci! Mais ça ne vient de nulle part, mes parents m'ont dit qu'ils l'avaient inventé. Mes origines n'ont rien à voir là-dedans. Enfin, pour tout dire, je suis franco-canadienne. Et fière de l'être!

    Tiens, je retrouve mon caractère de d'habitude. C'est bizarre que je ne l'ai pas fait avant. Je dois être stressée de ce qui s'est passé avant. Quoique... J'ai l'habitude de ces agressions débiles, même si elles me font mal vu que je ne leur ai rien fait. Mal moralement j'entend, physiquement, ils n'ont eu le temps de rien faire. Sans doute que c'est parce que je suis en présence d'un policier et que je le sais. A force de voir des films avec des policiers en tout genres, on ne sait plus à quoi s'en tenir, alors j'ai un peu peur d'être bavarde de peur de me faire repprocher telle ou telle chose. Mais ma double nationalité, ça, j'en suis fière! Et puis c'est un plaisir d'être plus forte que tout le monde en cours de français!

    Enfin! Le policier, justement, semble surpris. C'est vrai qu'il n'a pas dit clairement qu'il était policier, mais plusieurs détails m'ont menées à cette conclusion. Bon, j'avoue, j'aurais pu le remarquer plus tôt, surtout que je suis assez fana de films policiers - la faute à ma mère, elle ne regarde que ça - mais c'est pas trop mon truc.

    "Ton côté "jeune louve" te permet aussi de localiser les autres mutants au milieu d'une foule ? Sympa. Et pour répondre à ta question, je devais avoir plus ou moins ton âge, quand j'en suis devenu un. Même si, techniquement, j'ai toujours été un mutant, puisque le gène X a toujours été présent en moi. Il s'est juste activé pendant mon adolescence... Enfin, je suppose que tu l'avais compris..."

    Oui, bon, évidemment, on est mutant à la naissance, on ne le devient pas, ça, je le sais hein, c'est un détail. Ce que je voulais savoir, c'est quand il s'en était rendu compte. Bref, à moi de lui expliquer comment je l'ai su. Je ne suis pas obligée, je sais, mais je crois que ma réserve l'a un peu vexé, il ne doit pas me penser assez timide pour expliquer ça.

    - Oui, il y a un peu de ça, mais pas seulement. Tout à l'heure, quand un des spectateurs s'est mit à insulter les mutants en général et à déborder sur sa famille, vous aussi vous avez réagit. Si vous n'étiez pas mutant, vous n'aviez aucune raison de le faire.

    Ah tiens, je n'avais même pas remarqué que je le vouvoyais. Je n'aime pas tutoyer, mais je vouvoie plus facilement, l'habitude sans doute. Et parce que c'est un policier, sûrement. Que lui me tutoie est assez normal, je suis bien plus jeune que lui. J'avoue que ces histoires sont assez complexes pour moi, parce que je n'aime pas cette marque de respect presque obligatoire et à laquelle certains accordent trop d'importance. Et je l'ai déjà dit, j'ai l'impression que ça met de la distance entre les gens, que ça leur impose des frontières, des limites à ne pas dépasser. C'est pas très cool en somme.

    Hum, on dirait que le sujet de mes parents le travaille. Mes réponses courtes et réduites au minimum doivent l'intriguer. Il devrait comprendre que c'est ma vie et que j'en parle si je veux, mais si ça se trouve, il s'imagine que je suis en fugue ou je ne sais quoi. L'idée me fait souire.

    "Mhm... Et tu n'as pas envie de les appeler ? Histoire de les rassurer sur le fait que tu as toutes les chances de passer la nuit avec des policiers ?"

    Je hochais les épaules. Passer toute la nuit? J'en doutais. Il ne c'était pas passé grand chose au final, et puis c'était lui qui avait envoyé les boîtes de conserve, pas moi. Au final, je n'avais touché à personne, je n'avais agressé personne. Bon, juste un peu effrayé l'autre abruti en montrant des crocs de loup, mais vu que dans la seconde qui suivait il s'est prit une boîte de conserve, il ne s'en souviendra peut-être pas.

    - Je doute de passer la nuit au commissariat pour un petit incident comme ça, et puis ce n'est pas la peine de les stresser inutilement, je leur raconterais plus tard, et encore, pas sûr.

    Après tout, mes parents ont parfaitement accepté que je sois mutante maintenant, et ils s'inquiètent et me demande de les appeler toutes les semaine. Ils savent que la situation ici n'est pas la même qu'au Canada. Et puis des parents qui s'inquiétent, c'est si prompt à se faire des idées...

    "Tu as vraiment du mal à maîtriser tes pouvoirs, n'est-ce pas ?"

    Et toi, tu changes vite et souvent de sujet! Mais ça ne me gêne pas, je suis pareille parfois. Dans des bouquins et à la télé, j'ai lu que c'était une manière d'embrouiller le suspect aussi. Mais bon, ce n'est pas un interrogatoire. Enfin, pas vraiment, pas officiel en tout cas, parce que c'est vrai que c'est surtout lui qui pose les question et que j'en sais assez peu sur lui au final. Mais je n'ai rien à cacher, alors...

    - En effet, ça ne fait pas très longtemps qu'ils se sont réveillés.

    L'éveil de ses pouvoirs. Hum, j'ai une drôle de façon de présenter les choses parfois, mais bon, je suppose qu'il comprendra. J'allais enchaîner sur une question, pour une fois que j'en prenais l'initiative, et puis j'avais le droit aussi, mais j'ai refermé la bouche avant qu'elle ne soit grande ouverte. Des pas approchaient, quelqu'un venait par ici. En effet, la porte s'est ouverte sur le vigile de tout à l'heure. Il fut surpris de voir la tounure prise par l'interrogatoire particulier de Jack Cooper, mais ne fit aucune remarque.

    "Euh, inspecteur... C'est juste pour vous prévenir que votre patron a dit qu'il allait envoyer un de vos collègues pour s'occuper de l'affaire, et que vous pourriez rentrer chez vous et raccompagner la jeune fille chez elle dès qu'il serait arrivé."

    Ha, qu'est-ce que je disais? Je me doutais bien que je n'allais pas passer la nuit à me faire interroger pour un accident mineur comme ça. Et puis si ils l'avaient fait, je pense que j'aurais râlé. Après tout, je ne me laisse pas marcher sur les pieds, ils sont sensée nous protéger, pas nous épuisé pour qu'on se fasse cueillir plus facilement. Hum, moi, parano? Pas vraiment, mais je crois que je suis en train de le devenir, à force. Et puis l'instinct animal aide à la méfiance plutôt qu'à la confiance.

    "Ok. Merci de l'info."

    Le vigile se tourna vers moi. Un bon point pour lui, il semblait avoir remarqué la casquette que je n'avais pas tout à l'heure. Je faillis lui demander quelque chose du style « Tu veux ma photo? » mais il hocha les épaules et s'en alla tout seul. Tant mieux. Pas que j'ai quelque chose contre lui, même si il m'était plus antipathique que l'inverse, mais bon, il était arrivé un peu tard tout à l'heure et ne c'était pas inquiéter de notre état de santé. Sans doute parce qu'il n'est pas flic et qu'il s'en fichait donc, même si c'est vrai que ça se voyait qu'on allait bien.

    "T'en fais pas, gamine. Le bon côté de la chose, c'est que le policier qui te posera une tonne de questions attendra demain matin au lieu de le faire dès ce soir..."

    Mon regard revint vers Jack Cooper. Je lui souris en guise de réponse, volait une gorgée d'eau à la bouteille qu'il m'avait gracieusement donnée, ou prêtée remarque, il ne l'avait pas précisé - oui, je sais, la nourriture comme la boisson ne se rendent pas, mais si il me l'a donnée, ça veut dire que je pourrais la finir, hors ce ne serait pas de refus parce que je doute de pouvoir retourner faire les courses ce soir. Je repris également des chips et positionnait le paquet au milieu pour que chacun puisse se servir à sa guise. Je me décidais ensuite à pose la question que j'avais sur le bout des lèvres tout à l'heure.

    - Et vous, votre pouvoir, c'est quoi?

    Oui, je sais, j'aurais peut-être pu être un peu moins directe, mais il m'avait posé des questions dans le même style, je ne vois pas pourquoi j'aurais du être plus polie que ça. Et puis il ne faut pas exagérer, j'étais curieuse, mais indiscrète. C'était un juste retour des choses.
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Jeu 14 Juil - 20:11

    Alors, vu que tout ce qui a pu se passer à la suite de ces évènements, les dialogues, ainsi que tout le reste, et vu que tout ressortir à la virgule près dans l'ordre pourrait aisément vous retourner le cerveau, déjà bien diminué par tout ce que j'ai bien pu vous raconter de cette soirée hors du commun, j'ai fait le pari fou de condenser toutes ces informations, afin de réunir en plusieurs blocs distincts tout ce qui nous intéresse. Car, avouez-le, si je parlais du nom de Neyane et de ses réponses à ce sujet, avant de m'intéresser au problème de ses parents, puis de sa mutation, avant de revenir à son prénom, et ainsi de suite, soyez honnêtes, vous auriez envie de prendre le premier objet qui vous tombe sous la main pour me le planter dans la gorge, histoire de me faire taire. Genre, définitivement. Vous ne serez pas vraiment les premières personnes auxquelles ce genre d'envie est passée par la tête, cependant, mais bon, comme le dit le proverbe : "Mieux vaut prévenir que guérir", n'est-ce pas ?
    Pour faire simple, Neyane me précisa que son prénom avait été "inventé", du moins, c'était l'explication que ses parents lui avaient donné sur l'origine de ce patronyme, vu qu'elle même n'avait pas l'air d'en savoir beaucoup plus à ce sujet. Elle précisa par ailleurs que ses parents ne risquaient nullement de s'inquiéter sur le sujet, principalement en raison du fait que le seul fait de les appeler les feraient stresser. Par ailleurs, elle affirma qu'elle doutait finir sa nuit en cellule, et que ce petit épisode de la grande histoire de sa vie ne serait peut-être jamais mentionné en présence des oreilles de papa-maman. Vu que, quelques secondes plus tôt, elle s'était vantée de sa fierté d'être franco-canadienne, ce détail me mit la puce à l'oreille. Il n'y a pas énormément de raisons qui feraient que deux parents (je parle de parents dignes de porter ce titre, pas de monstres égocentriques, violeurs ou je ne sais quoi d'autre) laissent leur fille s'aventurer seule la nuit dans des endroits possiblement dangereux, et ne s'inquiètent pas de ne pas voir leur progéniture rentrer de toute la nuit. Aussi, je tentai un léger :


    "Donc, tes parents sont toujours au Canada ? Tu es venue juste pour tes études ?"

    Pour en revenir à la mutation de la damoiselle, celle-ci prétexta que ses dons n'étaient pas seulement liés à la lycanthropie. Je voulais bien la croire, après tout, elle n'avait aucun intérêt à me dissimuler ses capacités. A moins qu'elle ne s'en soit servi pour commettre des crimes, mais, d'une part, la lycéenne n'avait absolument pas le profil d'un criminel (je pourrais me tromper, mais en l'occurrence, j'en doutais), et d'autres part, il n'y avait jusqu'à présent eu aucun crime qui puisse être imputé à un mutant aux capacités animales. Enfin, à l'exception des meurtres commis par certains Confréristes, mais eux, on avait assez de preuves pour les envoyer dans la Cage pour le restant de leurs vies. Maintenant, il ne reste plus qu'à les localiser, à les approcher assez pour leur passer les menottes incapacitantes, et à les enfermer pour de bon, en priant pour que Sharpe ne vienne pas y mettre son grain de sel.
    Par la suite, elle précisa qu'elle n'avait obtenu ses pouvoirs que très récemment encore, ce qui pouvait très facilement être expliqué par son manque de maîtrise dans ce domaine. Et avant que je n'ai pu ouvrir la bouche afin d'en replacer une, à la suite de l'intervention du vigile, Neyane me coupa l'herbe sous le pied en me demandant texto quel était mon pouvoir. J'en restai bouche bée, incapable de répondre durant quelques secondes, vu que je ne m'attendais pas, mais alors pas DU TOUT à ce que la jeune fille se mette à son tour à jouer à l'interrogatrice.

    Ah oui, tu veux jouer à ça, gamine ?

    Je posai un coude sur la table, et posai mon menton sur ma main ouverte, tout en la regardant de mon regard le plus charmeur, et lui offrant le plus séducteur de mes sourires.


    "Mon pouvoir, c'est..."

    Je fis un geste de ma main libre, de manière à me désigner, comme j'aurais désigné une grande vedette après un roulement de tambour :

    "D'être l'homme parfait, bien sûr !"

    Je laissai un moment de flottement passer. J'ignorai si elle allait croire à ma blague, ou bien se mettre à éclater de rire, aussi, mieux vaux lui laisser un temps de réaction, bien que je supposai que mon ton avait été suffisamment exagéré pour qu'elle y perçoive la plaisanterie que je venais de placer. Ceci dit, le fait d'entendre plus fort que n'importe qui ne lui permettait peut-être pas de percevoir toutes les nuances aussi facilement. Après tout, elle avait encore du mal à les maîtriser, à ce qu'elle disait.

    "Plus sérieusement, je connais un endroit ou tu pourrais aller. C'est là que j'ai grandi. Enfin, que j'ai passé la fin de mon adolescence, plutôt."

    Je m'enfonçai un peu plus sur ma chaise, avant de mettre mes mains au fond de mes poches.

    "L'Institut Xavier a été fondé pour des personnes comme nous. Les jeunes mutants qui ne savent pas encore maîtriser leurs capacités. Ou bien qui recherchent tout simplement un foyer, un coin tranquille, un endroit ou ils ne seront pas en permanence la cible d'un tas de racistes."

    Nouveau silence.

    "Tu n'as qu'un mot à dire, ma grande. J'y ai reçu toute l'aide et le soutien dont tu pourrais avoir besoin. On t'apprendrait à contrôler tes dons, de manière à ce que tu ne sois plus gênée par tes super-sens qui s'activent n'importe quand. Tu ne serais plus menacée par les humains en allant juste faire tes courses. Il suffit d'y aller, et ils t'accepteront. Pas de documents à remplir, rien. Bon, il faudra que tes parents donnent leur autorisation, et que tu donne quelques informations, genre, qui appeler en cas de problème, connaître ton dossier médical, tout ça. Mais rien n'est obligatoire. Si tu ne veux rien dire, on ne te forcera pas."

    Je soupirai.

    "Bon, ce n'est pas le paradis non plus, hein ! Comme tout endroit rassemblant des gens de tout âge, il peut parfois y avoir des tensions qui s'y passent. Mais ça, je suppose que tu sauras y faire face, n'est-ce pas ?"

    Sans attendre que la jeune fille ne réponde, je regardai ma montre, et la synchronisation, l'espace d'une seconde, me fit peur, car à cet instant précis, trois coups furent frappés à la porte, me faisant sursauter pour la deuxième fois en une heure. Le vigile entra à nouveau, et nous précisa que mes collègues (copains !) étaient arrivés, et que je pouvais ramener la jeune fille chez elle.
    Intérieurement, je regrettai de ne pas tout lui dire. Bien entendu, elle n'avait rien fait de répréhensible, et si elle portait plainte, elle avait toutes les chances de gagner son procès. Mais les humains ne se laisseraient pas faire aussi facilement. J'étais prêt à parier que tous les humains agresseurs seraient du genre à accuser Neyane d'avoir tenté de les tuer en utilisant ses pouvoirs, et qu'eux-même n'avaient fait que se défendre. Quant au procès en lui-même... J'en avais déjà vu, du même genre. Et quand il y avait des humains anti-mutants dans la salle, du genre de ceux qui étaient capables de traiter de tous les noms les Homo Superior qui affirmaient reconnaître sur le banc de l'accusation celui ou ceux qui les avait violé, martyrisé, ou que sais-je encore, se faire traiter de menteur et de manipulateur par une foule en furie. Combien de jeunes adolescents de ce type avais-je déjà vu fondre en larmes ? Combien parmi eux avaient fini par se suicider ?

    Je préférai ne même pas en prendre le compte.

    Mais quand une gamine de douze ans, une mutante capable de voir le passé en touchant des objets, violée par une bande d'adolescents, avait été si maltraitée et traitée d'affabulatrice par le public, les jurés, et par la presse, qu'elle avait fini par se balancer au bout d'une corde, ça ne vous donne vraiment pas envie de laisser ce genre de chose se reproduire. Si seulement elle n'avait pas à tout prix voulu porter plainte pour faire payer ses agresseurs, elle serait sûrement encore en vie, aujourd'hui.
    Et moi, je ferais peut-être pas autant de cauchemars.
    Invitant la lycéenne à me suivre, je fermai la porte derrière elle, et je l'accompagnai entre les rayons, déambulant tous les deux comme des âmes en peine, n'osant prononcer un mot, avant de parvenir jusqu'au hall d'entrée, ou se trouvaient la plupart des flics, ainsi que le type auquel j'avais cassé le nez avec une boîte de conserve, et surtout...


    "Salut, Ors !"

    Ors. Vous vous souvenez de ce que j'ai dit sur les mutants dont le gène X était activé dès la naissance ? Eh bien, Ors était de ceux-là. Et ça se voyait.
    Au-delà de ses vêtements, qui n'auraient pas dépareillé dans le Londres du XIXème siècle, ses favoris et ses cheveux d'un noir de jais, mi-longs, coiffés en arrière, et ses magnifiques yeux d'un bleu azur, peu de choses auraient pu nous confirmer qu'il n'était pas vraiment à sa place parmi les êtres humains. A part peut-être le fait qu'il mesurait plus de trois mètres de haut. Ça et... Le fait qu'à la place de chacun de ses ongles se trouvaient des griffes qui auraient fait pâlir Dent-de-Sabre de jalousie.
    L'Ogre, comme on l'appelait, s'avança d'un pas lourd vers nous. Et une fois encore, je m'étonnai que tout le magasin ne tremble pas à chacun de ses pas. Il nous fit alors un grand sourire, qui dévoila des crocs impressionnants (quand je vous dis que son surnom "d'Ogre" n'est pas volé...), et fit une légère courbette, saluant la lycéenne avec une grande politesse et une gentillesse démesurée.
    Ah, autre chose : Ors a beau avoir l'air d'un ogre des collines, c'est une vraie crème. Quand il devient violent, c'est toujours pour une excellente raison. Le reste du temps, il est plus poli que tout le Bureau 18 réuni, et fait preuve de davantage de bonnes manières que je n'en aurais jamais.


    "Je suppose qu'il n'y a pas besoin d'en savoir plus ? Une émeute anti-mutants, tu es intervenu, et tu as été un peu violent ?"

    "Voilà."

    "Le chef va te tirer les oreilles, tu le sais ?"

    Je grimaçai, et fis un geste agacé, comme si je chassai un moustique.

    "Oui, bon, ça va... Pas la peine d'en rajouter. Je peux y aller, maintenant ? Faut que je raccompagne cette fille chez elle."

    L'Ogre me toisa un moment, après avoir observé notre victime, et lâcha :

    "Jack. Cette enfant, aussi délicieuse soit-elle, est mineure."

    Je fronçai les sourcils.

    "Je la RACCOMPAGNE, bordel ! Je fais rien de plus !"

    Ors émit un léger son, qui ressemblait à "Mhm mhm...", mais ne dit rien de plus, nous laissant alors la possibilité de repartir du magasin, sans plus avoir à nous occuper de quoi que ce soit. Mis à part le fait que ma victime se décida à ce moment précis à nous gueuler dessus. Je ne saurais dire avec exactitude ce qu'il hurla, puisqu'il avait désormais un sévère défaut de prononciation qui le faisait méchamment parler du nez (humour !), mais aussi parce que, quelques secondes après avoir commencé sa litanie d'injures et de menaces, il vit Ors s'avancer à grands pas vers lui, et choisit, miracle de l'instinct de survie, de la fermer.

    Une fois dehors, ou un vent légèrement frisquet se fit sentir, je ne pus m'empêcher de prévenir :


    "Ne rêves pas, gamine. Je te conduis chez toi, et je ne te lâche pas avant. Je n'ai pas envie que tu te fasses violer dans une ruelle."

    Aussi, après quelques secondes, je lui demandai de me guider jusque chez elle. Une fois que je serais certain qu'elle est bel et bien en sécurité, alors je pourrai repartir et rentrer chez moi, avec... Et merde... J'ai toujours rien à bouffer...

    Eh bien, on dirait que je suis bien parti pour revenir demain, moi... Et si quelqu'un me reconnaît, il va encore me chercher des noises... Putain de poisse...
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Neyane Saahar
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Ven 15 Juil - 0:05

    Fort heureusement, l'inspecteur décida de passer sur mes quelques réponses sans importance, genre mon prénom, mais il y avait d'autres choses sur lesquels il se montrait particulièrement têtu... Et agaçant.

    "Donc, tes parents sont toujours au Canada ? Tu es venue juste pour tes études ?"

    Comme le sujet commençais, va savoir pourquoi, à me taper sur le système, je hochais la tête, poussais un nouveau soupir et pris une nouvelle poignée de chips avec la nette impression que je n'aurais que ça à manger ce soir. Je privilégiais d'ailleurs la prise de chips sur la consommation de ma bouteille étant donné que de l'eau, j'en avait de toute façon dans mon appartement, j'avais un filtreur pour pouvoir boire l'eau du robinet. C'est pratique quand même ces trucs là.

    On est ensuite passés sur le sujet de ma mutation. Je l'ai interrogé à ce sujet et ai vite remarqué que ça ne lui plaisait pas trop. Quoi, j'avais le droit de demander non? C'était le juste retour des choses quand même, pourquoi serait-il le seul à me poser des questions. C'était quand même pas un vrai interrogatoire tout ça? Et puis mince, entre dire qu'on est mutant et dire c'est quoi son pouvoir, je sais pas moi! Je ne savais rien du sien! Il aurait pu lâcher l'info! Et moi j'aurais peut-être aussi du la fermer au sujet du mien.

    "Mon pouvoir, c'est..."

    Je prévoyais déjà, au vu de ses manières exagérées, qu'il allait me sortir un truc énorme, dans la catégorie connerie, évidemment. Je ne me trompais pas.

    "D'être l'homme parfait, bien sûr !"

    D'autres personnes aussi agacées ou stressées que moi n'auraient sans doute pas bronché et regardé le flic avec l'air de dire « Mais quel con celui-là! » Pas moi. J'étais fatiguée, c'est vrai, mais je suis bon public et plutôt optimiste de nature en général. J'éclatais de rire. Il jouait bien la comédie. Et puis c'était pas si mal trouvé, même si il ne répondait pas pour autant à ma question. Il laissa passer quelques secondes de silence pour me laisser le temps de me calmer avant de reprendre. J'espérais d'ailleurs que le vigile n'avait rien entendu, sinon il se demanderait comment un suspect pouvait éclater de rire pendant un interrogatoire... Remarque, c'est pas mes oignons, c'est Jack Cooper qui prendrait tout. Ha ha!

    "Plus sérieusement, je connais un endroit ou tu pourrais aller. C'est là que j'ai grandi. Enfin, que j'ai passé la fin de mon adolescence, plutôt."

    Punaise, je t'en demande des conseils peut-être? Déjà il me mitraille de questions et j'ai pas le droit de lui rendre la pareille alors que c'est presque une question de politesse, ensuite... Je sais, je sais, je devrais me calmer, c'est pas méchant en plus, mais je suis à cran. Et puis j'aime pas que les inconnus se mêlent de ma vie.

    "L'Institut Xavier a été fondé pour des personnes comme nous. Les jeunes mutants qui ne savent pas encore maîtriser leurs capacités. Ou bien qui recherchent tout simplement un foyer, un coin tranquille, un endroit ou ils ne seront pas en permanence la cible d'un tas de racistes."

    Si je veux plus voir les tronches de crétins des débiles du bahut, il me suffit de retourner au Canada, merci bien! Et j'ai de supers profs là-bas! Bon, pas officiels, d'accord, mais même, c'est avec eux que j'ai le plus progressé. D'ailleurs, moi qui était venue ici pour voir le monde, je crois que je ne vais pas m'y attarder et rentrer chez moi ou aller voir ailleurs encore...

    "Tu n'as qu'un mot à dire, ma grande. J'y ai reçu toute l'aide et le soutien dont tu pourrais avoir besoin. On t'apprendrait à contrôler tes dons, de manière à ce que tu ne sois plus gênée par tes super-sens qui s'activent n'importe quand. Tu ne serais plus menacée par les humains en allant juste faire tes courses. Il suffit d'y aller, et ils t'accepteront. Pas de documents à remplir, rien. Bon, il faudra que tes parents donnent leur autorisation, et que tu donne quelques informations, genre, qui appeler en cas de problème, connaître ton dossier médical, tout ça. Mais rien n'est obligatoire. Si tu ne veux rien dire, on ne te forcera pas."

    Ah? ... Bof, je sais pas, c'est un peu trop idyllique à mon goût son truc. Oui, je sais, on n'est jamais content, mais bon, je suis plutôt sympa, c'est vrai, mais je suis plutôt indépendante aussi. J'y peu rien.

    "Bon, ce n'est pas le paradis non plus, hein ! Comme tout endroit rassemblant des gens de tout âge, il peut parfois y avoir des tensions qui s'y passent. Mais ça, je suppose que tu sauras y faire face, n'est-ce pas ?"

    Evidemment, y'a des mutants aussi crétins que les humains, c'est logique. Pourquoi se priver de cons? Enfin... Là-dessus, le vigile nous fit horreur, euh, l'honneur de sa présence pour nous prévenir que les collègues de Jack Cooper étaient arrivés. La bonne nouvelle, c'est que j'allais pouvoir rentrer chez moi, la mauvaise, enfin, si on veut, c'est que l'inspecteur allait devoir m'accompagner tous le long du trajet. Enfin... Je soupirais à mon tour et suivit mon guide dehors. Là, je restais en plan en voyant un des policiers qui nous attendait, un géant avec un aspect plutôt effrayant. Je me dis instinctivement toute petite, surtout quand il s'intéressa à moi.

    "Salut, Ors !"

    Ah, mon sauveur le connais. Logique, me direz vous, mais va savoir pourquoi, ça me surprend quand même. Quand la montagne s'incline devant moi, je sursaute et ne peux m'empêcher de reculer d'un pas. Faut dire qu'il est sacrément intimidant quand on a pas l'habitude, même si il n'a pas l'air méchant. S'en suis un dialogue entre Jack Cooper et le dénommé Ors, si c'est bien lui à qui l'inspecteur s'adressait.

    "Je suppose qu'il n'y a pas besoin d'en savoir plus ? Une émeute anti-mutants, tu es intervenu, et tu as été un peu violent ?"

    "Voilà."

    "Le chef va te tirer les oreilles, tu le sais ?"

    "Oui, bon, ça va... Pas la peine d'en rajouter. Je peux y aller, maintenant ? Faut que je raccompagne cette fille chez elle."

    "Jack. Cette enfant, aussi délicieuse soit-elle, est mineure."

    "Je la RACCOMPAGNE, bordel ! Je fais rien de plus !"

    Je deviens méchante ou quoi. Pourquoi l'idée que mon sauveur se fasse engueuler par son patron me fait-elle plaisir? Décidemment, je suis bizarre en ce moment. Et puis c'est quoi ces sous-entendus bizarres? Bon, je suppose qu'il faut juste en conclure que mon sauveur est aussi un gros drageur à ses heures perdues. Ou alors c'est juste un délire entre eux, ou les deux. Enfin bref, j'aime pas trop ça. Je salue timidement les autres policiers et emboîte le pas à Jack Cooper. Dehors, il fait plus frais, mais bizarrement, je n'y fais pas attention du tout.

    "Ne rêves pas, gamine. Je te conduis chez toi, et je ne te lâche pas avant. Je n'ai pas envie que tu te fasses violer dans une ruelle."

    C'est bien à lui de dire ça tiens... Et puis pourquoi il me sort ça? J'ai rien dit moi! Je lève les yeux au ciel une fois, et une deuxième quand il me demande de le guider. Ha ha... Je commence à m'éloigner du centre commercial. Heureusement que je me ballade souvent, sinon je serais complètement paumée vu que je suis arrivée ici un peu par hasard. Et puis soudain, une idée me viens. Alors qu'on ne voit plus l'ensemble de magasins depuis quelques minutes, je m'arrête et me tourne vers lui.

    - Au fait, vous ne m'avez pas répondu. Votre pouvoir, c'est quoi?

    Moi, têtue? C'est vrai. Mais quand je donne, j'aime bien qu'on me rende la pareille. Et puis je vous l'ai dit, en ce moment, je suis assez bizarre, même moi je le remarque. Non, ce n'est pas pour autant que je suis folle hein. Mon immobilité et mon air, tourné vers Jack Cooper, l'air décidée à entendre la réponse et curieuse aussi, laisse sous-entendre que je ne bougerais pas d'ici tant que je n'aurais pas la réponse. D'accord, ce n'est pas très malin et demander plus gentillement aurait été plus diplomatique, mais j'y peux rien. Parfois, on agit tous sans réfléchir, et on regrette souvent ce qu'on dit ou fait après...
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Sam 16 Juil - 16:03

Hrp: Désolé, post pas génial, mais je n'ai pas eu énormément d'inspiration, pour le coup. Je me rattraperai au prochain ! ^^:hrP


    Durant la majeure partie du reste de la scène d'interrogation dans une salle minuscule devant un bon repas composé de chips, de biscuits et de bouteilles de soda, la lycéenne garda le silence, préférant visiblement ne répondre que lorsqu'elle pouvait être sûre de pouvoir omettre un maximum de détails. Est-ce que je pouvais, en toute honnêteté, la blâmer pour ce genre de rétention d'informations, alors qu'étant adolescent, j'aurais été le premier à agir de cette manière, sans être d'une mauvaise foi complète ? Bien sûr que non, mais ça m'empêchera pas de le faire !
    Aussi, à chaque fois que j'en eus l'occasion, je pressai un peu plus la jeune fille de questions sur ses parents, où ils vivaient, s'ils savaient que leur progéniture était en train de déambuler dans les rues en pleine nuit en risquant de se faire agresser par des gangs anti-mutants, ainsi que sur elle, ses études, ce qu'elle était venue faire à New York, ses relations amoureuses... Vous vous dites que ce dernier point n'a aucun intérêt et ne regarde en rien la justice ? Très certainement. Mais, vu à quel point Neyane semblait vouloir faire blocus face à mes questions officielles, je finis par me dire qu'après tout, quitte à ne pas avoir de réponse claire, précise et définitive, autant poser toutes les questions qui me venaient à l'esprit. Même si pour la majeure partie, je me contrefichai totalement de savoir si elle y répondait ou non.
    Manque de chance, une fois de plus, la gamine souhaita renverser la vapeur, et, considérant que ses questions à elle primaient davantage que les miennes, choisit de stopper tout mouvement, alors que nous étions hors de la vue du Centre Commercial, avant de me demander quel était mon véritable pouvoir. Décidément, la miss a une relation avec le social relativement élastique. Elle me cache la majeure partie de ce qu'il faut que je sache pour faire mon boulot (et accessoirement, ne lui coûterait pas plus de trois secondes), mais alors moi, je dois lui livrer instamment et sans aucune limite tous mes secrets.

    Je l'aime bien, cette gamine !

    Esquissant un frêle sourire, j'écartai un pan de ma chemise, dévoilant alors une minuscule petite gourde en acier.


    "Tu risques de le regretter, ma grande..."

    Un soupçon de volonté, et pop ! Le bouchon de ma flasque, composé uniquement de sang séché, se désagrégea, et se mêla au liquide rouge qui en sortit, flottant dans les airs, avant de venir léviter au dessus de la paume de ma main, que je tendis vers Neyane. Pour ce que j'avais pu voir de son don, ses super-sens avaient l'air de la traumatiser sans lui demander son avis au préalable, et à la manière dont elle retroussa le nez inconsciemment, l'odeur puissante et, très certainement, écœurante, du sang frais qui venait flotter jusqu'à ses narines ne devait certainement pas être à son goût. Logique. Même un humain, qui se retrouverait face à une piscine de sang, risquerait de tourner de l'œil à cause de l'odeur. Alors une adolescente toute petite et toute fragile qui avait un odorat cent fois plus développé (enfin, je suppose, je dis un chiffre au hasard, tenez-vous le pour dit !), c'était limite si elle ne devait pas avoir envie de me gerber dessus.
    Par précaution, je reculai tout de même d'un pas, et ramenai le liquide rouge vers moi. Vous comprenez pourquoi je lui avais dit qu'elle risquait de le regretter, maintenant ?
    Même si, en l'occurrence, j'aurais pu m'amuser à la torturer avec l'odeur de l'hémoglobine afin d'obtenir des aveux un peu plus détaillé que ceux qu'elle avait consenti (à contrecœur) à m'offrir, je me contentai, en un claquement de doigt, de transformer le liquide volant en un objet solide. En l'occurrence, une rose sublime, plus rouge que l'on pourrait jamais l'imaginer. Sa tige avait la texture d'une tige, ses pétales étaient doux comme de la soie...
    Si l'on exceptait la couleur rouge de l'ensemble de l'objet, ainsi que l'odeur, même Neyane aurait été persuadée de se trouver face à une véritable rose, j'en étais persuadé !
    Mais après quelques transformations successives (la rose devant un lézard, le lézard se transformant en brosse à dents, avant de devenir un cube), je liquéfiai à nouveau la substance, et d'un geste des doigts, la fit retourner dans ma flasque, non sans en avoir gardé une partie que je fit durcir, histoire de boucher le récipient en question. Une manière comme une autre pour pouvoir immédiatement avoir du sang à ma portée, sans avoir à perdre de temps à dévisser un bouchon, et sans risquer de renverser le contenu sur mon pantalon à chaque pas...


    "Voilà. Tu connais mon pouvoir, désormais. Est-ce que tu vas accepter d'en dire un peu plus sur toi, ou tu continues à me considérer comme un ennemi qui ne doit connaître aucun renseignement sur ton existence ?"

    Je laissai un moment passer, avant de reprendre :

    "Et n'essaies pas de me sortir une phrase du genre "parce que ça ne vous regarde pas", parce qu'à l'origine, la nature exacte de mes pouvoirs ne te regarde pas non plus..."

    Après un long moment, nous pûmes enfin continuer votre chemin, mademoiselle Neyane ayant visiblement choisi d'accepter de continuer à me guider vers chez elle, la réponse que je lui avais donné ayant visiblement suffi à satisfaire sa curiosité. Pour le moment.
    Et durant plusieurs minutes, je persistai à continuer à l'ouvrir. A parler pour ne rien dire. Tant que je n'obtiendrai pas de réponses convenables, je serais capable d'être extrêmement chiant durant une très longue période. A dire vrai, je pouvais même la forcer à accepter ma présence chez elle. Pardon ? Un mandat ? J'aurais besoin d'un mandat si je souhaitai entrer afin de fouiller sa demeure et y prélever des indices. Là, je n'y venais que pour la protéger d'hypothétiques représailles de ses agresseurs ! Comment ? Il faut qu'elle me donne son autorisation ? Tout faux ! La jeune fille est mineure, et visiblement, ses parents ne sont même pas sur le territoire. Je serais donc parfaitement dans mon droit en m'incrustant chez elle dans le but de la protéger des méchants racistes.


    "Et mis à part ça, comme se déroule ta vie, Neyane ? Tu as un petit copain ? Une petite copine, peut-être ? A moins que tu ne sois pas encore expérimentée à ce niveau-là ? Ah, c'est beau, la jeunesse... Les premières fois, les fleurs qui s'épanouissent, les insectes qui butinent le pollen... Bzz bzz !"

    Je vous ai déjà dit que je pouvais me montrer extrêmement chiant, si je le souhaitai ?
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Neyane Saahar
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Lun 18 Juil - 15:47

    Je ne lui demande pas vraiment de me raconter sa vie hein, c'est pas le but, simplement, j'aime bien quand je suis à égalité avec les autres, ce qui implique de renvoyer systématiquement leurs questions aux autres, et comme l'inspecteur en pose pas mal... En plus, je lui ai bien répondu au final, non? Dommage que j'ai pas pu lui renvoyer la question pour les parents mais bon, il est majeur, je serais passée pour une débile, hors je n'en ai pas spécialement envie. D'ailleurs, c'est bizarre, le fait que j'insiste semble l'amuser plutôt que l'agacer. Etrange, vraiment. A sa place, je crois que je n'aurais pas apprécié. Oui, je sais, je ne suis pas logique, je fais aux autres ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse, mais vous savez, je dis ça au vu de mon état d'esprit du moment hein! D'habitude, je suis plus sympa, plus sociable, plus bavarde, tout ça, tout ça... Là, je sais pas. Vraiment. Je sais que je me répère, mais ça doit être ma mutation déconnante qui m'énerve, ainsi que l'incident qui a suivi. Normalement, j'aurais pas réagit comme ça en rencontrant un flic. Déjà, je me serais montrée moins réservée, ça fait genre quelqu'un qui a quelque chose à se reprocher ou à cacher, ce qui reviens au même finalement. Hors, ben je suis mutante, mais c'est pas un crime, d'autant plus que lui aussi l'est, alors bon... Dommage d'ailleurs que je ne puisse pas savoir quel est le pouvoir de l'autre grâce à mes sens. Ca viendra peut-être avec l'expérience, qui sait? Hum... Bof, on verra bien!

    "Tu risques de le regretter, ma grande..."

    J'hausse un sourcil en souriant à mon tour, parce qu'il a sourit lui aussi, enfin plus ou moins. Il viens aussi de soulever sa veste, dévoilant ainsi une petite gourde en acier. Je sais de quoi est fait son bouchon : du sang. Séché. Plutôt étrange comme pratique. Je ne l'avais pas remarqué avant vu que le vêtement le cachait, à la vue comme à l'odorat. Il se mit alors à liquéfier le bouchon, à en sortir encore du sang et fit aussitôt tout un tas de figurines avec. Je sais qu'il pensait que j'étais à deux doigts de gerber. Erreur, c'était l'inverse. Je vous ai déjà dis que je pouvais me transformer en animal, si? Eh bien en général, il ne suffit de pas grand chose, aka une petite transformation partielle, pour que l'instinct ou une partie de l'instinct de l'animal vienne renflouer le mien. En clair, j'ai des sens de loups, et pour lui, le sang, c'est pas dégoûtant, au contraire, ça indique qu'y a un repas dans le coin. Et ne faites pas de grimace, je vous en prie, les êtres humains aussi mangent des animaux et n'ont même pas le courage de les tuer eux même. D'ailleurs, je me demande si beaucoup seraient toujours carnivores, enfin homnivore après un tel spectacle, c'est pas joyeux. Et puis les humains sont même pas obligés de manger de la viande, techniquement. Bref, tout ça pour dire que l'odeur me donne plutôt envie de baver en fixant Jack Cooper avec des airs de prédateur qui a trouver sa proie, mais je me retiens in extremis et réussit à me contenter d'afficher l'autre sentiment que me proccure ce spectacle : l'étonnement. C'est vrai quoi, manipuler le sang, c'est assez surprenant non? Et je trouve ça plus intriguant que dégoûtant. Du moment qu'il ne fait pas joujou avec mon sang à moi... Il finit par ranger son liquide et solidifie le sang pour faire le bouchon. Pour éviter que le sang gicle, il aurait pu trouver autre chose, mais je suppose que c'est pour ne pas perdre de temps à déviser un bouchon pour avoir accès à son élément, ce qui, je suppose peut-être particulièrement agaçant et surtout dangereux quand la situation est, eh bien, disons délicate.

    "Voilà. Tu connais mon pouvoir, désormais. Est-ce que tu vas accepter d'en dire un peu plus sur toi, ou tu continues à me considérer comme un ennemi qui ne doit connaître aucun renseignement sur ton existence ?"

    Il me laissa du temps pour répondre, j'en profitais donc pour m'expliquer, mi désolée, mi amusée, mi sérieuse. Oui, je sais, mi, c'est pour demi, mais bon, je sais pas c'est quoi le préfixe pour découper en quatre, hein.

    - Je ne vous considère pas comme un ennemi! Je suis désolée si j'ai parus trop réservée, je suis plus bavarde d'habitude. Ca doit venir de cet incident, tout à l'heure.

    Je ne lui ment même pas, c'est la stricte vérité. Il devait déjà avoir préparé sa réplique suivante parce qu'il me sort :

    "Et n'essaies pas de me sortir une phrase du genre "parce que ça ne vous regarde pas", parce qu'à l'origine, la nature exacte de mes pouvoirs ne te regarde pas non plus..."

    Je souris à nouveau, plus franchement cette fois. Il me fait rire cet inspecteur. J'engagerais volontiers une petite joute orale, il a l'air d'avoir assez d'esprit pour ne pas le prendre personnellement, mais je me demande quand même si c'est une bonne idée. En effet, certes, ça ne me regardait pas vraiment de savoir son pouvoir, mais c'est sa faute s'il me l'a dévoilà, hé hé. Et puis ma vie ne le regarde pas vraiment non plus. Finalement, je décide de lâcher simplement :

    - Hum, bien sûr...

    Détrompez vous, je ne suis pas insolente, c'est juste une phrase espiègle et pleine de sous-entendu. Il en fera ce qu'il veut, en espérant qu'il ne va pas le prendre mal quand même. Je sais en effet que les gens, mutants ou non, sont assez susceptibles, moi compris. Enfin bref, quoi qu'il en soit, je me remet en route. Pendant ce temps, l'inspecteur commence un monologue infernal sans me laisser le temps de parler, discutant avec lui même de tout et de rien. Je suppose que ça veut dire qu'il l'a mal pris. Désolée, mais police ou pas, j'aime pas qu'on m'interroge sur ma vie privée sans contrepartie. Après tout, les flics sont des êtres humains, hein? Enfin, des mutants aussi. Bref, tout ça pour dire qu'au final, ils sont comme tous le monde.

    "Et mis à part ça, comme se déroule ta vie, Neyane ? Tu as un petit copain ? Une petite copine, peut-être ? A moins que tu ne sois pas encore expérimentée à ce niveau-là ? Ah, c'est beau, la jeunesse... Les premières fois, les fleurs qui s'épanouissent, les insectes qui butinent le pollen... Bzz bzz !"

    J'avoue que cette fois, son attitude me donne plus envie de rire que de m'énerver. Je ne sais pas ce qui n'allait pas tout à l'heure, mais on dirait que c'est passé. Il continue de poser des questions, de parler avec lui même ou plutôt de poser des questions rhétoriques pour y répondre lui même, bref, je ne peux pas en placer une. Finalement, je n'y tiens plus, j'éclate de rire.

    - Si vous voulez que je vous répondre, il faudrait peut-être me laisser le temps de le faire, non?

    Et puisqu'il veut jouer à ce jeu là... Je profite que mon interruption a interromput - ha ha - son monologue pour continuer aussitôt :

    - Donc, prenons les questions dans l'ordre. Non, je n'ai pas de petit copain, il y a trop de garçons cons à cet âge, à part quelques exceptions, mais bon, je ne drague pas sans amour, alors... Et à ce sujet, je n'ai même pas besoin de vous retourner la question, votre ami Ors m'a fournit la réponse tout à l'heure, vous pourez le remercier! Pas de petite copine non plus, aux dernières nouvelles, je suis hétéro. Et détrompez vous, j'ai déjà eu quelques histoires amoureuses, mais j'avoue que ça n'est jamais allé bien loin... Des bisous la plupart du temps, de la tendresse. Pour le reste, ils étaient souvent trop pressés, ou alors ils étaient avec d'autres filles en même temps, bref, il y avait toujours des empêchements! Mais bon, ça ne me gêne pas trop, j'attend, quand je suis amoureuse, je me lance, et puis c'est tout. Simple non?

    Je lui adresse un grand sourire dont moi-même je ne saurais pas dire la signification avant d'ajouter, espiègle :

    - Alors, satisfait? Vous avez d'autres questions?

    Il n'est pas le seul à savoir se montrer chiant, encore que, c'est pas vraiment ça que j'appelle être chiant, ça pourrait être pire. Moi aussi je sais le faire, et encore, là aussi, j'y suis allé doucement en comparaison du moulin à paroles que je suis parfois. Mais comme ce moulin à paroles peut aussi se transformer parfois en moulin à questions, je ne suis pas sûre qu'il apprécierait.
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Jack Cooper
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mar 19 Juil - 11:52

    D'une certaine manière, Neyane tenta de s'excuser de son comportement, ou du moins, de l'impression que celui-ci avait pu engendrer à mon égard, en affirmant ne jamais m'avoir considéré comme un ennemi. Cependant, il fallait bien avouer que, si depuis quelques minutes, le courant semblait passer un peu mieux entre nous, lorsque nous étions encore dans le magasin, avec les flics sur le point d'arriver et les vigiles qui nous tenaient en laisse, nous avions un peu de mal à bien nous entendre. Il y avait quelque chose dans l'air qui semblait nous empêcher d'être de bonne humeur l'un envers l'autre. Sensation particulièrement désagréable, mais maintenant qu'elle ne se faisait plus sentir, disparaissait à vitesse grand V de nos mémoires. Et comme le souligna la jeune canadienne, cela devait, pour elle, provenir de l'incident qui lui était arrivé. Pour ma part, je n'avais jamais été agressé par des anti-mutants (probablement parce que, contrairement à Neyane, je n'aurais pas hésité à user de mon pouvoir pour refroidir leurs ardeurs), mais en revanche, j'avais déjà été agressé par des mutants. Alors que mon gène X ne s'était pas encore déclaré.
    Je vous laisse imaginer la scène : Deux adolescents de seize ans, un humain et une mutante, amoureux fous l'un de l'autre, victimes de l'agression d'un autre mutant, anti-paix. Il me semble que c'était un confrériste. Était, oui. Car lorsque j'ai repris conscience (il m'avait expédié contre un arbre dès son arrivée, m'assommant pour le coup), et que j'ai vu qu'il était couvert du sang de celle que j'aimais, autant vous dire que la première utilisation de mon pouvoir n'a pas été particulièrement agréable pour lui. Et vu que lorsque j'en eus terminé avec son cadavre, il ne restait même pas de quoi remplir une boîte d'allumettes, je vous laisse imaginer l'état émotionnel dans lequel j'avais pu me trouver.
    A la suite de ces évènements, je m'étais enfui de chez moi, incapable de faire confiance à qui que ce soit, m'attendant à ce que chaque rencontre se transforme en une tentative de meurtre ou de recrutement forcé. Je ne pouvais plus regarder personne en face. Je ne pouvais plus adresser la parole à quiconque. J'étais mort de peur à chaque fois que je n'étais pas tout seul, et en même temps, mon amante me manquait à tel point que j'en aurais hurlé à la lune de chagrin, tant je souhaitai la retrouver. Si à ce moment, on m'avait dit que je pouvais la ramener à la vie en sacrifiant un millier d'humains, je l'aurais fait sans hésitation.
    Et si Charles Xavier ne m'avait pas retrouvé dans cette grange sombre et humide, et ne m'avait pas convaincu de le rejoindre, je crois que je n'aurais jamais aussi bien viré. Je serais très certainement devenu fou, usant de mon pouvoir sans raison, pour massacrer tout ceux que je croiserai. Ou alors peut-être que j'aurais rejoint les Confréristes et participé à l'assaut contre Alcatraz...
    Mais aujourd'hui, j'avais fait une croix sur le passé. Juliet était morte, et personne ne la ferait revenir. Et bien que j'avais bien compris et intégré cette définition clef de la vie, jamais je n'avais pu rester plus de deux jours avec une même fille. X-23 était une exception.
    En fait, c'était une exception, mais plus parce qu'elle refusait de quitter mon appartement que par véritable amour. Et ne me dites pas qu'il me suffirait de changer les serrures pour la dissuader de revenir, car elle serait capable de découper directement la porte pour rentrer.
    Pour en revenir à ma discussion avec Neyane, ma soudaine avalanche de questions indiscrètes la concernant elle et sa vie amoureuse ne sembla nullement la choquer. Au contraire, elle finit même très rapidement par éclater de rire, incapable d'être outrée par le moulin à paroles que j'étais soudainement devenu. Au contraire, elle prétexta qu'elle ne pourrait jamais me répondre si je ne lui laissai même pas le temps de formuler des mots. Et alors que je m'apprêtai à en rebalancer une nouvelle couche, juste pour m'amuser à l'inonder de questions d'une stupidité affligeantes, elle se décida, en quelques secondes, à répondre à toutes les interrogations que j'avais pu lui poser. Ça, par contre, je dois bien avouer que je ne m'y attendais pas.
    Elle affirma son hétérosexualité, mais qu'en l'occurrence, trop peu de garçons l'intéressaient, notamment en raison du peu de maturité de ceux-ci, chose que je ne pouvais que soutenir. Mais en même temps, être immature, c'est génial pour pouvoir faire toutes les conneries qu'on veut, non ? Par ailleurs, elle affirma que les rares petites amourettes qu'elle avait pu avoir ne s'étaient jamais vraiment concrétisés, n'allant que rarement plus loin que quelques bisous et autres petits câlins innocents d'ados prépubères. Le genre de fille qui ne se lance vraiment à fond que lorsqu'elle est amoureuse.
    Mais alors que je la regardai, un grand sourire accroché au visage, elle me demanda, l'air espiègle, si j'avais d'autres questions.
    Si jamais vous avez quoi que ce soit auquel vous ne voulez pas répondre, alors ne me demandez jamais, mais alors JAMAIS si j'ai d'autres questions. Car c'est comme si vous me donniez la permission de m'insinuer à fond dans votre vie privée. Et ça, je vais pas me priver pour le faire !


    "Amoureuse ? Eh bien... Quel grand mot... Quand on pourrait tout simplement profiter de la vie... Tu sais, t'es pas obligée de t'envoyer en l'air avec uniquement l'homme que tu aimeras... Tu n'as vraiment jamais essayé de coucher avec un garçon ? Au moins pour savoir ce que ça fait ! Et puis, tu sais, hétéro, hétéro... Les filles sont rarement longtemps hétéro... Et puis, pour les témoignages que j'ai reçu, paraît que les couples lesbiens durent plus longtemps que ceux des hétéro... Ça doit être un signe, tu ne trouve pas ?"

    Je laissai passer une seconde, afin de reprendre mon souffle, et continuai sur ma lancée :

    "Et pour répondre à ta supposition, oui, je suis célibataire, comme mon cher Ogre des montagnes l'a confirmé, au passage, fais gaffe, il mange les enfants... Mais j'ai pris l'habitude, moi, de toujours prendre du plaisir, en me tapant de jolies femmes. Jamais deux fois la même, cependant. Mieux vaut ne pas lui laisser le temps de s'incruster. Sinon, après, tu connais les femmes... Elles vont tout de suite se dire "oh, on se marie !" "oh ! Il faut qu'on ait des enfants !". Nan, être célibataire et se taper cinq femmes différentes dans la semaine, ça, c'est le paradis. Pas de contrainte, et chaque soir, du te fais plaisir. Aucune limite ! D'ailleurs, si tu n'avais pas été mineure, je ne me serais pas gêné pour te draguer toi aussi et te ramener chez moi, histoire de te montrer à quoi ressemble une première fois digne de ce nom !"

    Là, si elle n'était vraiment pas choquée, alors rien n'y parviendrait...

    "Mais bon, tu connais l'histoire. C'est la vie. On va, on vient, on fait des aller-retours, un coup j'te vois, un coup j'te vois plus ! Par ailleurs, mon appart' te plairait, mais j'suis quand même impatient de voir le tien. Tu fais quoi de tes soirées ? Romantique en tête à tête avec toi-même ? Ou tu passes tes nuits sur un ordinateur à chercher l'âme sœur ? Rassures-moi, t'es pas une religieuse, au moins ? Nan, parce que j'ai eu une histoire avec une religieuse une fois, et crois-moi, le genre de trucs qu'on peut raconter dessus, la majeure partie est VRAIE !"

    Attends, quand est-ce que j'ai couché avec une bonne sœur, moi ? Ah oui... C'est juste une connerie supplémentaire que je raconte... En même temps, vu que j'ai tendance à me sentir mal dès que je vois un crucifix (j'ai jamais pu supporter la religion et ses hordes de fanatiques, c'est tout. N'allez pas vous mettre en tête que je suis le fils du Diable !), alors rester à proximité d'un membre du clergé, même si c'est une jolie nonne, ça me tente pas des masses.

    "Enfin bref... Mis à part ça, tu habites où ?"

    Ce fut à ce moment que l'image de X-23 me revint en mémoire. Quelle heure était-il ? TROIS HEURES DU MATIN ?!!!!
    Oulàlàlàlàlàlàlà... Bon, écoutes, gamine... Je te ramène chez toi, et après, je file à mon appart'... Vu comme je connais Laura quand je ne rentre pas à l'heure dite, elle serait capable de faire ses griffes sur mes meubles en m'attendant. Et ça, j'en ai pas la moindre envie. Heureusement, au fil de nos discussions aussi barrées qu'interminables, nous finîmes par arriver en vue de l'immeuble de la jeune femme, à l'intérieur duquel nous rentrâmes à toute allure. Je la laissai alors me guider jusqu'à l'étage auquel elle habitait.
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Neyane Saahar
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MessageSujet: Re: Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]   Mar 21 Mai - 13:54

      ( Jamais été aussi en retard là j'crois, mais mieux vaut tard que jamais nan?)




    Je sais pas pourquoi, mais à voir la tête qu'il fit, je regrettais de lui avoir demandé s'il avait d'autres questions. C'était comme s'il n'attendait que ça pour se déchaîner, et qu'il savait que j'allais sans doute le regretter. Étant donné l'aperçu que j'avais eu de sa personnalité, je craignais le pire...

    "Amoureuse ? Eh bien... Quel grand mot... Quand on pourrait tout simplement profiter de la vie... Tu sais, t'es pas obligée de t'envoyer en l'air avec uniquement l'homme que tu aimeras... Tu n'as vraiment jamais essayé de coucher avec un garçon ? Au moins pour savoir ce que ça fait ! Et puis, tu sais, hétéro, hétéro... Les filles sont rarement longtemps hétéro... Et puis, pour les témoignages que j'ai reçu, paraît que les couples lesbiens durent plus longtemps que ceux des hétéro... Ça doit être un signe, tu ne trouve pas ?"

    Eh bien, il n'avait pas sa langue dans sa poche! J'avais encore une tête à peu près normale mais je ne pouvais cacher de rares signes d'étonnement... Et je ne demandais s'il était sérieux pour les lesbiennes. C'est vrai, leur couple dure plus longtemps? Bah, j'suis pas homophobe, si le cœur m'en dis j'essayerais peut-être un jour, qui sais! Quant à 'coucher juste pour voir ce que ça fait', perso j'préférais quand même ne pas faire ma 1ère fois avec n'importe qui.

    "Et pour répondre à ta supposition, oui, je suis célibataire, comme mon cher Ogre des montagnes l'a confirmé, au passage, fais gaffe, il mange les enfants... Mais j'ai pris l'habitude, moi, de toujours prendre du plaisir, en me tapant de jolies femmes. Jamais deux fois la même, cependant. Mieux vaut ne pas lui laisser le temps de s'incruster. Sinon, après, tu connais les femmes... Elles vont tout de suite se dire "oh, on se marie !" "oh ! Il faut qu'on ait des enfants !". Nan, être célibataire et se taper cinq femmes différentes dans la semaine, ça, c'est le paradis. Pas de contrainte, et chaque soir, du te fais plaisir. Aucune limite ! D'ailleurs, si tu n'avais pas été mineure, je ne me serais pas gêné pour te draguer toi aussi et te ramener chez moi, histoire de te montrer à quoi ressemble une première fois digne de ce nom !"

    Son collègue, manger les enfants? J'en doutais. En fait, je savais qu'il plaisantait. Déjà parce que ça se devinait vu la situation - un cannibale dans la police, mais bien sûr, et puis ce flic a l'air du genre blagueur - et puis vous vous souvenez comment c'est utile les sens super développés?

    Ensuite, je ne pu m'empêcher de rester bouche bée et, accessoirement, de m'arrêter net sans le vouloir.

    Pardon?

    Déjà, comme tout à l'heure, il parlait assez crument. Ensuite, je n'aimais carrément pas son stéréotype sur les femmes, même si ce n'était sans doute pas faux, mais surtout il avait l'air en plein délire alors le contredire ne servirait à rien et risquait plutôt de casser l'ambiance - remarque, je changerais bien de sujet perso - donc je décidais d'éviter. Et puis tant mieux si certaines personnes aiment les relations de courte durée, mais franchement, ils ratent quelque chose, les deux on des avantages. Ensuite, ce qui me choqua sans doute le plus, ce fut de l'entendre aussi sincèrement et clairement dire que si je n'avais pas été mineure, j'aurais fait parti des 'jolies femmes qu'il se tapait chaque soir', enfin pas sûr car rien ne dit que j'aurais accepté même s'il avait pu me brancher, au contraire!

    Bref, j'étais passablement choquée, ce qui était visiblement le but, mais avant que je ne bredouille un truc sur la durée des histoires d'amour pour me donner une contenance, il reprit :

    "Mais bon, tu connais l'histoire. C'est la vie. On va, on vient, on fait des aller-retours, un coup j'te vois, un coup j'te vois plus ! Par ailleurs, mon appart' te plairait, mais j'suis quand même impatient de voir le tien. Tu fais quoi de tes soirées ? Romantique en tête à tête avec toi-même ? Ou tu passes tes nuits sur un ordinateur à chercher l'âme sœur ? Rassures-moi, t'es pas une religieuse, au moins ? Nan, parce que j'ai eu une histoire avec une religieuse une fois, et crois-moi, le genre de trucs qu'on peut raconter dessus, la majeure partie est VRAIE !"

    Comment il pouvait savoir que son appart me plairait? M'étonnerait qu'il connaisse mes goûts, son pouvoir c'était manipuler le sang, pas devin ni télépathe. Et j'éclatais de rire à l'épisode de la bonne sœur. Non parce que aussitôt après qu'il ai lâché ça, je vis à sa tête et senti aussi que c'était une connerie et qu'il s'en étonnait lui même. Bon, un peu lourd ce Jack, mais marrant et sympa finalement!

    "Enfin bref... Mis à part ça, tu habites où ?"

    Oui, c'est vrai que j'étais stupidement restée plantée au même endroit depuis tout à l'heure. Je me remis en marche et remarquait alors l'heure avec surprise. Pas possible, déjà 3 heure du mat'? Pourquoi j'étais pas fatiguée? Bon, j'me couchais tard parfois, faut avouer, et puis vu les évènements, j'avais eu assez d'adrénaline pour rester éveillée toute la nuit je crois. Enfin bref, Jack Cooper avait soudain l'air un peu pressé. De la famille l'attendait? D'après ce que j'avais pu entendre, ce n'était pas le genre du personnage. C'était quoi alors, un rendez-vous galant qu'il avait oublié? Possible.

    Heureusement, on était presque arrivés. Profitant des derniers mètres, je tentais tant bien que mal de répondre à son monologue qui, par définition, ne nécessitait pas vraiment de réponses mais bon, je vous ai prévenus, quand je m'y met je suis bavarde, et il m'a cherché.

    - Déjà, désolée de vous décevoir mais même si je n'avais pas été mineure, je vous aurais répondu non, côté physique ça va mais côté caractère vous êtes pas du tout mon genre! Ensuite, toutes les femmes ne sont pas comme ça et le seraient sans doute encore moins si la société ne les y incitaient pas. D'ailleurs certains mecs sont chiants aussi de ce côté là mais beaucoup moins, j'avoue. Ensuite, je vous crois quand vous dites que les aventures brèves ça a du bon, mais les longues aussi, croyez moi, vous passez à côté de quelque chose! Pour ce que je penserais de votre appart, faut voir, mais je serais vous je ne parierais pas sur le fait que je l'aimerais, vous ne savez même pas ce que j'aime! Il est comment votre appart d'ailleurs, bordélique? Ensuite, mes soirées, oui elles sont souvent en tête à tête avec moi même voir avec des amis, des fois aussi je suis sur l'ordi mais rarement pour y chercher l'âme sœur, et je vous rassure, je suis athé, merci bien, les religions très peu pour moi, et c'est pas bien de raconter des trucs sur les bonnes sœurs alors qu'en fait on en sait rien! C'est à cause de ce genre de choses que naissent les préjugés! Ensuite, pourquoi vous êtes pressés, on vous attend? J'vous vois mal avez des enfants, un rendez-vous galant alors peut-être?

    Quoi, j'deviens chiante? Je vous l'ai dis, faut pas me chercher, et il m'a plus que cherché! En plus il est tard, j'suis crevée et j'ai faillis me faire agresser, soit tout un tas d'évènements multipliant les risques que je me transforme en moulin à parole et me mette moi aussi à raconter des conneries.

    D'ailleurs en parlant de 3 heures du mat'... Je sentis et entendis des personnes approcher, bien avant que l'inspecteur puisse soupçonner leur présence, et vu l'odeur, c'était des p'tits voyous qui traînaient en pleine nuit juste pour chercher les ennuis. Et ils étaient sur le chemin, beaucoup plus près que je ne l'avais imaginé d'ailleurs, si près qu'avant que je n'ai pu avertir Jack Cooper, ils étaient apparu, venant d'une ruelle devant nous. Et en nous voyant, ils eurent l'air de se dire "Oh chouette, de quoi s'occuper!"

    Oh non, mais j'veux dormir sérieux, la presque agression de tout à l'heure, c'est assez pour la soirée! Ils ont intérêt à passer leur chemin, parce que s'ils réussissent à m'énerver, que ça me retombe dessus plus tard ou pas, je sens que je vais faire un massacre.
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Émeute au Centre Commercial [PV Neyane]
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